Riziculture

L’utilisation du phosphore minéral triple la production

L’engrais organique, selon les croyances, fertilise le sol et améliore la qualité de la culture. Dans la production rizicole, ce théorème semble erroné parce que le fumier seul appauvrit le sol. Il faut le mélanger avec de l’engrais minéral pour parvenir à une bonne dose de phosphore utile à la génération des graines de riz. « Les rizières contiennent du phosphore moyennant deux tonnes pour un hectare. Pourtant, les terres retiennent ses éléments et ne dégagent que moins de 1% de cette matière. C’est pourquoi il faut apporter du phosphore minéral pour parvenir à l’utilisation d’un bon fertilisant, d’où l’introduction du triple super phosphate ( TSP) », justifie Lilia Rabeharisoa, directrice du Laboratoire des radio-isotopes (LRI) et coordonnatrice nationale du projet Vloamse Interuniversitaire Road (VLIR).

Après une étude préalable, les chercheurs et techniciens ont mis en pratique l’usage d’engrais minéral sur les rizières des paysans des régions Analamanga, Vakinankaratra et Alaotra-Mangoro, mais le projet a retenu les expériences dans les deux premières régions. TSP triple ainsi la production rizicole avec la technique pluviale avec un rendement de 3 à 6 tonnes par hectare.

Onjaherilanto Razanakoto, agronome, fait remarquer que les paysans dans les sites d’Ambohinaorina et Mandoto restent convaincus de l’efficacité du phosphore minéral. « Ils étaient réticents au début, mais ils l’ont appliqué et ont vu les résultats et que ce n’était pas une utopie. Ils se sont plutôt fiés à la dose ‘kely mahefa’ soit 100 kilos de TSP par hectare », avoue-t-il. Ce technicien ajoute que le phosphore accélère la pousse des graines et si un paysan opte pour la riziculture pluviale, il serait idéal d’alterner la culture de riz avec celle du soja car cela affaiblit le foisonnement de l’ivraie.

Sinon, pendant l’hiver, les rizières peuvent devenir un terrain parfait pour la culture maraîchère. Elle féconde davantage la terre et prépare le périmètre irrigué pour la prochaine période rizicole. Jean Jacques Rakotomalala, coordonnateur du Centre de service agricole de Manjakandriana a découvert l’effet miracle de TSP et promet d’appuyer les paysans du district pour que cet engrais leur soit accessible. Dans les boutiques SEPCM, le kilo de TSP coûte Ar 3 200 et le sac de 50 kilos s’écoule à Ar 115 000.

Farah Randrianasolo

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