Réduction des Risques de Catastrophes

Mananjary et Nosy Varika montrent l'exemple

Les aléas ne préviennent pas. Ils frappent à l'improviste. Sans bonne préparation, une communauté en supportera les lourds tributs sur tous les plans.

 Manajary et Nosy Varika, des districts exceptionnels et exemplaires en matière de Réduction des risques de catastrophes. L'Initiative Commune de Plaidoyer sur la Réduction des Risques de Catastrophes à Madagascar (ICPM) par l'entremise de l'ONG Sampan'Asa Fampandrosoana/FJKM (SAF/FJKM) a renforcé depuis quelques années le savoir-faire et les compétences des populations locales pour que celles-ci soient plus résilientes face aux impacts des cataclismes naturels.

Comment les habitants ont-ils pu acquérir d'amples connaissances pour qu'ils finissent par protéger les richesses qui les entourent ? SAF/FJKM a opté pour l'approche multisectorielle et transversale laquelle encourage les communautés à prendre en compte l'agriculture, la protection de l'environnement, l'éducation, la santé, la nutrition pour optimiser l'économie locale et raffermir le tissu social. Des habitants des fokontany des districts du grand Sud-Est ont tiré des leçons sur le passage des différents cyclones : ils sont tombés, ils se relèvent, retombent encore, se relèvent et résistent aux chocs finalement.

 

Formation

 

Des acteurs locaux de plusieurs fokontany participent à un atelier de renforcement de capacité (Photo : Randrianasolo)

 PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

Au fin fond de la brousse, les paysans perçoivent autrement le concept de changement climatique. Ils en ont entendu parler et croient que la succession de cyclones engendrant des crues résulte de ce phénomène planétaire. De plus, ils ajoutent que tout cela à un rapport au tabou dit "fady" car quelque part, des personnes qui veulent exploiter les richesses naturelles massacrent les forêts et c'est la nature elle-même qui se déchaîne et se châtie l'humanité. "Il y a quatre ans, je me suis investi dans l'agriculture en plantant du riz, en cultivant du manioc, de la canne à sucre. Seulement, à l'époque, j'ai pratiqué les techniques traditionnelles. Quand les intempéries ont ravagé les cultures pendant deux années successives, j'ai récolté à peine le quart de ce que j'ai semé", soutient Mahazovelo, leader paysan de Manampotsy.

Dans les districts de Mananjary et de Nosy Varika, les techniciens de SAF/FJKM ont initié aux paysans l'agroforesterie, une technique qui vise un double résultat. Elle encourage l'agriculture durable tout en protégeant et en conservant l'environnement. Les agriculteurs aménagent les bassins versants et les bas fonds lesquels empêchent l'érosion du sol. Sur les terrasses et dans les vergers, ils peuvent se consacrer à la diversificaiton de cultures mariant les produits maraîchers et vivriers.

 

Premier essai de mise a l echelle du changement de calendrier rizicole dans la campagne de mananjary

 

Le respect du calendrier cultural dans le district de Mananjary a permis le premier essaie de la mise à l'échelle de la campagne de riziculture (Photo : SAF/FJKM)                                                                                                             

LEADRESHIP

Dans les communautés, les paysans s'organisent pour que des coalitions, des coopératives et des associations voient le jour. On dit souvent que l'union fait la force et sans solidarité, ces derniers ne pourront jamais aller loin. Les projets mis en oeuvre dans plusieurs fokontany des disitricts concernés préconisent ainsi la formation de paysans leaders qui eront tache d'huile au niveau de leurs quartiers respectifs. Quand ils fédèrent, ils mettent sur pied des boutiques d'intrants ainsi que des greniers communautaires villageois. Avec une telle structure, ils peuvent fournir des semences aux membres, opter pour le système de prêt et de remboursement pour que chaque paysan profite des produits. "Nous formons des paysans leaders qui partageront leurs expériences sur les techniques culturales et de la diversificaiton de cultures aux autres paysans. Il leur appartient de créer un comité de gestion et de contrôle qui prodigue des formations, gère les intrants et le remboursement. Chaque paysan leader recrute cinq autres personnes qu'il va coacher et travailleront avec lui pour le fonctionnement du comité. Des sites ont bénéficié de divers projets, dont Aina et Producteurs agricoles renforcés en capacités (PARCS) à travers le réseau des greniers communautaires villageois qui se concentrent surtout sur la production de nourritures pour réduire la vulnérabilité. Nous effectuerons la mise à l'échelle des activités réalisées dans les fokontany pour vérifier la réussite de l'intersectorialité", suggère Eric Randrianantoandro, responsable de suivi-évaluation et responsable de passation de marché Projet Grand Sud-Est ONG SAF/FJKM.

 

Recolte de paddy au mois de decembre 2012 dans le village de mahavoky sud mananjary 1

                         

Des paysans du fokontany de Mahavosy Sud district de Mananjary se réjouissent de leur collecte stockée dans leur GCV (Photo SAF/FJKM)

MODELE

Quelques fokontany de ces districts ont eu l'occasion de faire des exercices de simulation bien avant l'arrivée des aléas. Il y eut des moments où bon nombre d'habitants des fokontany ont pedu leurs biens à cause des eaux qui détériorent les habitations et les champs de culture. Ils ont reçu des acquis et se sont conformés aux règles de base de la préparation ainsi que de la prévention et ont pu renforcer leurs compétences en matière de gestion des risques et des catastrophes et de risques de catastrophes. En général, les eaux ne se retirent qu'un mois voire plus après le passage d'un cyclone. Force est de reconnaître que quand les habitants ont appliqué à la lettre les leçons des exercices de sumulation, ils ont pu maîtriser les impacts des aléas et grâce aux travaux qu'ils ont entrepris dans leurs champs, les eaux ont séché plus tôt que prévu. "Nous nous sommes toujours fiés aux techniques traditionnelles et quand les alés surviennent, les cultures n'ont pas pu supporter les chocs. La récolte était catastrophique en 2011 et 2012. Les techniciens de SAF/FJKM sont venus vers nous pour nous initier aux nouvelles techniques agricoles. Je me suis mis à la culture de haricot, de pois de bambara, d'arachide, de riz et de fruits à pin et les résultats se sont améliorés", témoigne Berthin Razafy, un paysan leader du fokontany d'Ambarobekibo. Ce dernier se réjouit des fruits de ses labeurs et essaiera de partager ses acquis à ses pairs.

Pour l'ICPM, gérer c'est prévoir. La réduction des risques de catastrophes s'effectue ainsi tout au long de l'année. "Si nous voulons de l'efficacité, il faut mener les actions à la base. La préparation et la prévention commencent ainsi au niveau des fokontany qui connaissent mieux les problèmes et les solutions adaptées aux situations sachant que les incidents qui s'occasionnent dans un fokontany lointain de Toliara diffèrent de celles qui se se produisent à Antalaha", souligne Sylvie Razafindrabe, responsable à l'ICPM. Cette dernière plaide qu'il importe d'allouer aux fokontany et aux organismes intervenant dans la RRC des ressources nécessaires pour que les communautés puissent se prendre en main et deviennent résilientes.

 

Farah Randrianasolo

 

 

 

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site