Quand la boue fécale se transforme en compost

Quand la boue fécale se transforme en compost

Lier l’assainissement à l’agriculture durable. La récupération de résidus végétaux et la production de vers pour l’obtention de compost sont des pratiques classiques dans le secteur agricole malgache. Utiliser la boue fécale pour la même visée semble inconcevable voire dégoûtante pour certains. Or, il existe une manière de rendre cette matière organique du corps humain malléable et réutilisable.

La production résulte d’un projet pilote de biodigesteur lancé dans le fokontany de Manjakaray IIC. Maeva Gaël, assistante technique de l’organisation non gouvernementale Eau, Agriculture, Santé en milieu tropical (East) explique qu’il s’agit d’une station de traitement de boue fécale. « Des vidangeurs équipés d’outil spécial vont dans les ménages. Ils aspirent la matière à l’aide d’une sorte de pompe et remplissent les bidons. Ils reviennent à la station et déchargent la matière qui subira plusieurs traitements », commente-t-il.

Le technicien indique que les excréments sont peu exploités s’ils s’entassent dans une fosse perdue. Dégagés de cet endroit avec tous les débris qui l’accompagnent (couches, plastiques, papiers…), la boue va directement dans la première cuve, puis transvasée dans la deuxième avant d’être transférée dans la troisième. « Pour que cette boue devienne du compost, nous la mélangeons avec d’autres matières, paille ou jacinthe d’eau. Qualifier le produit fini de ‘sale’ est donc inapproprié car nous serons entièrement d’accord là-dessus si la boue fécale brute et sans traitement a été répandue dans la nature », justifie-t-il.

 

Abordable

La vidange des fosses a actuellement un coût exorbitant. De plus, la municipalité ne dispose pas de plusieurs véhicules chargés de vider les tinettes. Rosamande Rasoloarinirina, animatrice de l’ONG East auprès du fokontany de Manjakaray IIC souligne que le projet résout le problème d’inexistence de toilettes aux alentours du Marais Masay.

« La prolifération des matières fécales dans la nature augmente les maladies diarrhéiques et celles liées à l’eau, car certaines maisons n’ont même pas de fosses perdues. Les vidangeurs ont commencé leur travail en juin et ceux qui veulent recourir à leur service peuvent se renseigner auprès du fokontany », indique-t-elle.

L’animatrice ajoute que la prestation est abordable : le remplissage de neuf bidons d’un demi m3 vaut Ar 40 000. Pour l’instant, les vidangeurs circulent dans les environs du Marais Masay, d’Ivandry et d’Analamahitsy et la station de traitement produit 1m3 de compost par jour.

 

Farah Randrianasolo

 

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