La co-gestion assurée par les communautés locales

Dans le Corridor Ankeniheny-Zahamena, d'une superficie de 371 000 hectares, les communautés de base prennent en main la gestion de la conservation et de la protection du patrimoine naturel qui les entoure. Ce grand couloir forestier de l'Est comprend deux aires protégées, dont Zahamena et Andasibe-Mantadia qui comportent vingt-deux communes, zones d'intervention de Conservation International (CI).

"Ces communes se subdivisent en six secteurs représentés chacun par une fédération ou unité locale de gestion regroupant des relais de techniciens chargés de l'encadrement des acteurs et du suivi de leurs activités. Nous avons initié les communautés de base sur l'importance de la protection pour assurer la survie des espèces de faune et de flore et pour maintenir les services écologiques tels que l'eau, la forêt et l'air. A travers la gouvernance, nous avons amené les populations locales à assumer leur part de responsabilité, ce qui font d'eux des protecteurs et co-gestionnaires des aires protégées", lance Bruno Rajaspera, directeur du département "Projets" après de CI.

Les populations ont acquis des connaissances sur la gestion, l'adoption de nouvelles technologies comme le Global Positioning System, la collecte de données, l'inventaire des espèces... En d'autres termes, les communautés locales se transforment en une sorte de cellules scientifiques qui cherchent les moyens de vivre dans l'autonomie financière afin de subvenir à leurs propres besoins sans dépendre des ressources forestières.

 

Revenus

La conservation est un nouveau concept pour les populations environnant les aires protégées, car elles avaient l'habitude de sacrifier les ressources naturelles en pratiquant le "tavy" avant de labourer les terrains. Dans l'idée d’un transfert de gestion, CI a intégré le volet socioéconomique pour l'amélioration des conditions de vie des communautés en leur permettant d'expérimenter le mariage de la science avec le travail. Ainsi, elles seront en mesure de mettre en place un comité scientifique.

Ce volet touche également la formulation d’un plan d'actions et de stratégies afin de réussir les inventaires et le suivi écologique. L'organisme international a, par la suite, introduit le programme Node qui offre des opportunités de création d'activités génératrices de revenus. Comme mesure d'accompagnement, les bénéficiaires se consacrent à l'agriculture, à l'élevage et à l'apiculture afin de gagner leur vie et ils espèrent un jour pouvoir se libérer des initiateurs de projets. Ils ont aussi appris les métiers de guides et de patrouilleurs.

Depuis que les communautés interviennent dans la conservation, la déforestation a baissé parce que les unités locales de gestion ont pris au sérieux leur engagement en tant que co-gestionnaires.

 

Farah Randrianasolo

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