Surveillance renforcée dans l’Indianocéanie

Zones côtières non sécurisées. Le foisonnement des ressources halieutiques de la Grande île attire l’attention des pêcheurs d’ailleurs. Un pêcheur artisanal qui vogue sur la mer avec sa pirogue n’est pourtant pas capable d’arrêter les bateaux industriels qui utilisent à la fois une grosse flotte et des filets à petites mailles. « Surtout en cette saison cyclonique, c’est risqué de sortir en mer. Nous attendons que le temps se calme pour pouvoir pêcher tranquillement. Malheureusement, les pêcheurs industriels bien équipés ont entretemps épuisé les ressources et nous devons nous contenter des petits poissons », déplore Maxime Fabien, pêcheur de Vatomandry.

Les hauts responsables de la surveillance des pêches des Comores, du Kenya, de Madagascar, de Maurice, de la Tanzanie et des Seychelles se sont réunis la semaine dernière à Maurice, dans le cadre d’un atelier régional organisé par le programme SmartFish de la Commission de l’océan Indien, afin de trouver des solutions pour lutter contre la pêche illégale. Chaque pays a analysé les menaces qui pèsent sur le secteur et les recommandations ont permis à chacun d’élaborer une nouvelle planification nécessaire à l’harmonisation de la lutte. Le directeur de la pêche de Maurice, Mauree Daroomalingum explique que cette concertation a permis aux hauts responsables de savoir exactement où les ressources sont les plus demandées.

 

Non déclarée

La pêche illégale existe partout dans le monde. Selon les statistiques, non déclarée et non règlementée (INN) elle équivaut à une perte annuelle de près de USD 10 à 23 milliards pour une capture estimée entre 11 et 25 millions de tonnes. La pêche INN épuise ainsi les stocks et mine les efforts déployés pour assurer la pérennité et le renouvellement des ressources.

« Ces dernières années, la pêche INN est devenue un des dossiers internationaux prioritaires des décideurs responsables dus ecteur. Les pouvoirs publics du monde entier ont intérêt à intensifier leurs efforts pour la combattre, à harmoniser autant que possible leurs techniques de surveillance et de contrôle », affirme Léon Martial Razaka, chargé de mission et responsable du volet Croissance régionale bleue et verte auprès de la Commission de l’océan Indien (COI).

Depuis 2007, la COI a dirigé trente-huit patrouilles régionales et contrôlé quatre cents bateaux dans les zones exclusives économiques de la région. Son vaste programme de pêche déploie tous les moyens pour que la filière perdure. Au cours des deux dernières années, il a mené des actions de plaidoyer au niveau des cadres gestionnaires des pays du lac Victoria et de l’OI, dispensé des formations en faveur des inspecteurs de pêche et octroyé une subvention de plus d’un million d’euros pour pérenniser les différentes activités.

 

Farah Randrianasolo

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