Océan Indien

Les médias au cœur de la pêche

La pêche au même titre que la biodiversité fera aussi un bon scoop. Les journalistes de la radio, de la télévision, de la presse écrite et en ligne peuvent parler de ce vaste secteur dans tous ses états. Ils ont intérêt à se placer au centre de la pêche et devraient agir en tant qu’arbitres entre les pêcheurs, les communautés de base, les collecteurs, les transformateurs ainsi que du gouvernement qui régule le système. Tout cela afin de parvenir à une cogestion idéale et durable des ressources.

Nicholas Reiner (Seychelles), Daniella Ithier (Maurice), Laetitia Melidor (Maurice), Nassila Ben Ali (Comores), Al Hamdi (Comores), Patrick Joubert (Seychelles), Hanitra Ramahatra (Madagascar), Nadia Raonimanalina (Madagascar), Claude Ramahefarivo (Madagascar) et Njaka Rajaonarisaona (Madagascar), ayant participé au média training initié par le Programme SmartFish de la Commission de l’océan Indien (COI) à Mahajanga reconnaissent qu’ils jouent un rôle crucial dans l’information. « Le journal ne sert pas d’emballage » justifient les membres du groupe « poissons résistants » et « Il faut informer pour mieux être informés », restituent les membres du groupe III.

Informateurs, les médias divulguent les données nécessaires sur la pêche pour que les faits et chiffres se transforment en outils de décision malléables entre les mains de tous les acteurs. Educateurs, ils véhiculent des messages et partagent des expériences en vue d’un changement d’état d’esprit à la base et interpellent les dirigeants sur les irrégularités dans le but de promouvoir la pêche légale au profit de tous les bénéficiaires des ressources halieutiques.

Les participants ont connu une expérience exceptionnelle durant une visite d’usine, une descente sur terrain dans les mangroves et une surveillance en haute mer pour contrôler des pirogues et de grands bateaux. Les informations qu’ils ont recueillies enrichissent déjà leur base de données et font avancer leurs éventuels reportages et investigations. D’ailleurs, la pêche fera toujours un bon récit et un sujet d’intérêt public dans toutes les rubriques allant de la politique jusqu’aux faits divers en passant par l’économie, le social.

 

Informations

Les journalistes ont beaucoup appris de la rencontre avec les experts et les techniciens de la pêche. « Le thon, les crevettes, les crabes, les langoustes et les poulpes sont toutes des pêches pertinentes dans l’océan Indien, mais les crabes de Madagascar m’ont fascinée après que j’ai découvert comment on les pêche, les prépare. J’ai pu voir les conditions de vie des pêcheurs et je connais mieux comment les crabes finissent dans nos assiettes », raconte Danielle Ithier de MBC.

Les opportunités de pêche dans la COI sont si énormes que les journalistes devraient se mobiliser pour parler de la gestion et de la gouvernance, du contrôle et de la surveillance, de surpêche, de chaîne de valeur, de commerce, de conservation et de sécurité alimentaire dans leurs supports. « Le contrôle d’un bateau m’a ouvert les yeux sur les conditions de vie des pêcheurs malgaches qui signent un contrat en blanc avec les employeurs chinois. Un compatriote témoigne qu’il gagne juste Ar 120 000 de salaire pour deux mois et ne reçoit aucune fiche de paie. Là, on se demande si les inspecteurs de travail mènent bien leur mission pour faire valoir les droits des employés en mer », révèle Claude Ramahefarivo de La Nation.

Avec les Chinois cités tant de fois en ville comme en brousse, les journalistes malgaches comptent faire la lumière sur le statut de ces étrangers qui ternissent l’image de la pêche à Madagascar. Ils ont entendu deux sons de cloche différents et espèrent réunir d’autres versions pour connaître la vérité.

 

Farah Randrianasolo

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