Les populations, véritables acteurs dans la gouvernance

Responsabilité partagée. La Gestion des risques et des catastrophes (GRC) n’est pas le devoir de l’Etat à lui tout seul. Elle implique aussi les communautés de base. En amont, l’adoption d’un plan national de développement en GRC aide mieux le gouvernement central à manœuvrer la prévention. Jusque-là, les Malgaches n’interviennent qu’à la réponse qui engage plus de coûts et lorsque les aléas frappent, l'urgence se limite aux premiers secours; soit la dotation des premières aides, l'installation d'un site d'hébergement et la mission de sauvetage.

« Il existe plusieurs moyens d’optimiser la prévention pour que les dépenses en matière de réponse soient minimes. Dans le plan de développement, il est nécessaire d’inclure la construction d’infrastructures aux normes anticycloniques. Dans les zones vulnérables, telles que le Sud où le manque d’eau sévit, il importe d’étudier l’installation de pipeline au lieu d’utiliser des camions-citernes qui accroissent les dépenses en carburant et qui ne parviennent pas à satisfaire les besoins en eau de l’ensemble d’un village », explique un sortant de la promotion Tsangy du Diplôme de Master en Gestion des risques et des catastrophes (DMGRC). Dans le concept de gestion et de développement, ce spécialiste note que la prévention revient moins chère que la reconstruction.

 

Gouvernance

Etant une approche multidisciplinaire, la GRC mérite d’être intégrée dans n’importe quel secteur allant du social, de l’économie, de la politique, de la culture, jusqu’à l’environnement. Seheno Andrianiaina, assistante sociale de formation, fait remarquer que le social est l’une des pièces maîtresses du puzzle de la GRC. Elle partage ainsi la portée de la gouvernance locale et ses impacts au niveau des communautés de base.

« Les Collectivités territoriales décentralisées (CTD) ne disposent pas de moyens suffisants pour atteindre les capacités de réponse. La participation de la population locale dans le processus de GRC s’avère indispensable dans la mesure où les habitants savent mieux la situation dans laquelle ils vivent. Donc, ils doivent agir et non attendre la décision des CTD. A titre d’exemple, ils peuvent très bien cotiser pour l’achat de batteries afin de faire fonctionner un mégaphone », suggère-t-elle.

Seheno Andrianiaina critique les associations en contact permanent avec les communautés de base, mais qui ne les soutiennent pas, ainsi que les ONG qui réalisent des activités ne correspondant pas aux besoins de la population.

Dans cette optique de gouvernance, l’éducation civique et à la citoyenneté est de mise, ne serait-ce que pour parler d’ordures qui obstruent les canaux d’évacuation. Tout le monde constate que quelques minutes de pluies suffisent à faire sortir les ordures de leurs abris. Celles qui restent au fond des canaux bouchent les sorties et les eaux de pluies inondent les chaussées. Il n’est pas surprenant de découvrir que bien avant l’arrivée d’un cyclone, les habitants des quartiers vulnérables connaissent déjà l’inondation.

 

Farah Randrianasolo

 

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