L’exploitation illicite de pétrole dans l’Atsimo-Andrefana

 

Anarchie totale dans la région Atsimo-Andrefana. Cette partie du Sud de la Grande île considérée comme cimetière de projets, regorge de ressources minières et pétrolières inestimables. Diverses sociétés convoitent ces ressources non renouvelables et aux dernières nouvelles transmises par la plate-forme de société civile Fatidran’ny Ala Maiky sy ny Riake ou Famari, les grandes sociétés chinoises accaparent les terrains, procèdent à l’exploitation directe sans aucune autorisation émanant des responsables concernés.

« Les Chinois ne parlent ni le français, ni l’anglais, ce qui rend difficile la communication. Ils dictent leur loi, se contentent de nous montrer des papiers avec un cachet rouge et appellent une personne qui vous dit au téléphone que les ordres viennent d’en haut et qu’il faut les respecter. Tout s’arrête là. Jusqu’ici, aucune des sociétés minières n’ont jamais révélé au grand jour les effets négatifs de leurs exploitations », déplore Vernet Rakotomanantsoa, vice-président de Famari.

Il évoque l’existence de quelques sociétés malgaches et chinoises qui explorent le terrain sans avoir établi des canaux d’information entre les autorités locales et les communautés de base pour clarifier leur situation. Il ne manque pas de citer le cas d’une personne âgée qui a contracté avec les Chinois. « Le fokontany ignore la clause entre cette personne et la société chinoise. Elle réclame ensuite que ses rizières sont endommagées pour des raisons inexplicables. En fait, un gaz non identifié émane des rizières et il produit une réaction qui crée l’ébullition de la boue », ajoute-t-il.

 

Transparence

Les membres du bureau de Famari se sont rendus dans la capitale pour rencontrer les différents responsables de l’Omnis et de l’ONE, tous surpris du permis et de l’autorisation d’exploration délivrés par le ministère de tutelle.

Quand la plate-forme a demandé aux maires les cahiers de charge de ces sociétés, ils affirment qu’ils ne sont au courant de rien. Après un constat, aucune des sociétés n’a ni cahier de charge ni cahier de surveillance environnementale. « Et si jamais ils existent, ils sont écrits en français et les autorités locales ne maîtrisent pas la langue de Molière. De plus, nous avons sollicité les communes de recevoir les doléances et cela n’a rien donné puisque celles-ci

ont disparu et n’ont pas été traitées », précise Yvan Beza Zambahiny, président de Famari. La situation déplaît ainsi aux populations locales qui ne bénéficient d’aucune retombée de leurs biens.

Les membres de la plate-forme revendiquent la transparence tant au niveau des fokontany, des communes, des districts et de la région pour que les offres de travail, les ristournes et l’impact des activités minières et pétrolières soient rendus publics.

 

Farah Randrianasolo

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