Fokontany de Tsarahotana

Trop souvent, lorsque les agriculteurs choisissent une filière, ils ne pensent qu’à l’agriculture intensive. Or, ce procédé pourrait avoir un impact négatif sur le sol et également sur la culture elle-même. En ce millénaire, les techniques évoluent et les paysans s’initient aux nouvelles méthodes alliant agriculture et protection de l’environnement qui mènent au développement durable.

Le souci de la préservation de la nature a poussé le Programme d’Appui à la Résilience aux Crises Alimentaires à Madagascar (PARECAM) à investir dans l’aménagement d’un site agroécologique. Cet endroit baptisé « site agroécologique de Fenoarivo » en avril dernier se trouve dans le fokontany de Tsarahotana, commune rurale de Tsarahotana, district de Belo/Tsiribihina. Il s’agit d’un terrain d’une superficie de 0,60 are où les agriculteurs apprennent le contrôle de l’érosion, la protection du sol et la régénération de sa fertilité.

Dans ce site, les paysans pratiquent ce qu’on appelle la « riziculture mauvaise maîtrise d’eau » et pour garantir la régénération du sol, l’ONG chargée du suivi de leur activité conseille la rotation avec la culture de légumineuses alimentaires volubiles. « Sur ce site, nous avons semé des graines de vigna umbelata que nous appelons communément tsiasisa et de niébé ou lojy. Cette rotation de culture permet à la terre de se ressourcer et de puiser d’autres éléments nutritifs dont elle va se servir pour la riziculture. C’est une grande première pour nous et nous espérons une très bonne réussite », rassure Berthin Tombozara, riziculteur du fokontany.

L’appui technique, matériel et la dotation d’intrants pris en main par PARECAM ne seront pas vains puisque ce projet d’aménagement ravit les bénéficiaires. Ces derniers ont reçu 1,300 kg de semences de vinga umbelata, 1,800 kg de niébé, des herbicides et des insecticides. « Le travail est en cours et la culture est en phase de maturation. En juillet dernier, nous avons récolté 25 kg de niébé, ce qui est déjà encourageant », soutient Rosa Meltine, une autre agricultrice.

L’existence de ce site résout le problème d’appauvrissement du sol. Ce sont notamment les plantes de couverture végétale qui garantissent la fertilisation. Lorsque celles-ci se multiplient, les paysans n’auront pas à utiliser d’autres fertilisants. Ils labourent la terre sans enlever la couverture et c’est cette verdure mélangée avec la terre qui enrichit le sol. En conséquence, quel que soit les effets provoqués par le changement climatique, les agriculteurs peuvent continuer sans souci leur travail habituel. Cette technique prévient et réduit à la fois la culture itinérante et la déforestation.

Berthin Tombozara ajoute que les paysans ont déjà établi le calendrier cultural, préparé les parcelles. « Nous procédons à l’heure actuel au traitement continu des plantes contre les pucerons et enlevons les mauvaises herbes. D’ici début novembre, nous comptons faucher toutes les légumineuses et en décembre, nous comptons semer le riz pluvial avec les premières pluies », enchaîne-t-il. Ces paysans restent confiants quant à l’aboutissement de leur projet agroécologique. Qui vivra, verra !

Farah

 

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Commentaires (1)

1. BRILLOT 09/05/2012

est-ce que herbicides et insecticides sont compatibles avec une agroécologie?

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