Développement équitable

L'agriculture familiale, le défi pour 2014

Répondre aux besoins de la population, protéger les bassins versants, défier le changement climatique, produire en faveur de la nutrition... Tels sont les exploits à relever à partir de cette année. 2014 correspond au thème "agriculture familiale", le tremplin de toute conservation.

L'Association Intercoopération Madagascar (AIM) a profité de la Journée des écoles pour lancer sa campagne de reboisement antiérosive et mettre en place un site d'agriculture familiale dans le fokontany d'Ambohimandray, commune rurale de Mahitsy, district d’Ambohidratrimo. L’action entre dans le cadre de la célébration de son dixième anniversaire sous la houlette de l'ambassadeur de la Confédération hélvétique, Eric Mayoraz, et en présence de divers partenaires dont le ministère de l'Agriculture, celui de l'Environnement et la société Ecoprim.

A travers ce devoir civique de reboisement et cette agriculture familiale, l'AIM entend promouvoir la production, la protection à travers l'arboriculture, la culture diversifiée et l'éducation par le biais des élèves, vecteurs de changement de comportement. "Cet anniversaire sera marqué par le développement équitable et durable. L'association restera fidèle à sa mission axée sur la bonne gouvernance locale, l'hygiène et l’assainissement, la lutte contre la malnutrition et l'économie locale ainsi que la gestion durable des ressources naturelles", indique Linah Raharisoavelohanta, directrice exécutive de l'AIM.

Dans les zones rurales, la protection des bassins versants devient un exploit à entreprendre au niveau des communautés de base parce que l'érosion est à l'origine de l'ensablement des rizières et des champs de culture ainsi que du tarissement des ressources en eau.

 

Protection

Les familles rurales ont l'habitude de cultiver sur de vastes superficies. L'idée de l'agriculture familiale allie la révolution verte au niveau des foyers qui consiste à assurer l'autosuffisance alimentaire. Et ce, en limitant les impacts négatifs de l'activité humaine sur l'environnement.

"À mon avis, la notion d'agriculture familiale ne signifie pas seulement produire au niveau des ménages, mais surtout optimiser la synergie entre petits exploitants, petits éleveurs, petits pêcheurs, en valorisant les méthodes traditionnelles tout en se conformant à l'éthique durable. Dans cette optique, l'agriculture durable exige la pérennité où le devoir des anciens est de transmettre leur savoir à leurs descendants. Ces derniers pourront toujours assimiler les nouvelles techniques avec les anciennes en vue d'obtenir un bon rendement", propose Zarasoa Hariniaina, commerciale convertie.

Pour le moment, une faible proportion des familles accède à des parcelles et terrains cultivables. En même temps, face au litige foncier qui sape parfois les projets familiaux, les petits agriculteurs ne parviennent pas à produire suffisamment. Ils sèment et récoltent peu pendant une seule saison, optent pour une seule culture et n'arrivent pas à coopérer à cause de conflits d'intérêt.

"Mon mari et moi avons commencé avec un jardin potager. Nous avons planté des chouchoutes, du céleri, des papayers, des tomates et la récolte est satisfaisante. Nous venons de mettre en terre des pieds de vigne et nous avons hâte de cueillir les premières grappes de raisins", témoigne Narindra Velonjara, répétitrice de cours habitant dans le quartier d'Ivandry.

 

Astuces

La culture diversifiée pour un bon rendement

 

On associe le mot développement équitable et durable à l'environnement et à l'agriculture. Si une famille possède un lopin de terre, elle peut y faire pousser différentes sortes de fruits et légumes. L'idée est de récolter plus de variétés pendant toute l'année au lieu d'une seule cueillette. "Nous ne disposons que d'une petite parcelle, mais vous avons l'opportunité de diversifier les légumes et de faire une rotation en alternant le haricot, le haricot vert, le concombre, les arachides, la carotte et la courgette pendant une année entière. Pour ce qui est des fruits, nous avons planté du kaki, des coings et des goyaviers de Chine. Cela fait plaisir de les récolter au moment opportun", témoigne Alexandre Rajao, qui possède un jardin potager en face de son habitation. Cet enseignant a vulgarisé la culture de tomate auprès de ses voisins, mais d'après lui, ces derniers, impatients, ont négligé la culture. Lui seul profite d'un demi-kilo par semaine de tomates qu'il utilise pour sa nourriture quotidienne.

 

F. R.

 

ILS ONT DIT

 

Linah Raharisoavelohanta, directrice exécutive de l'AIM

"L'agriculture familiale améliore la sécurité alimentaire et les revenus des ménages. Il y a l'agriculture industrielle et à grande échelle, mais elle n'a pas d'impact sur les paysans parce que les sociétés et les collecteurs jouent le rôle d'intermédiaires. L'AIM se charge du transfert de compétences, de l'approvisionnement en semences et en engrais, de l'accès aux marchés, dans ses projets à l'endroit de plus de 20 000 personnes dans l'Amoron'i Mania et le Menabe. À peine si les paysans disposent de 0,5 ha de terrain cultivable qui produit moins et la mécanisation est limitée. Il leur faut ainsi un outil attelé avec lequel ils pourront accroître leurs compétences techniques."

 

Jean Justin Randrianasitera, agriculteur

"Je cultive de la tomate depuis plus de dix ans. Ce projet d'agriculture familiale m'encourage à multiplier la filière dans notre fokontany. J'aimerais m'orienter vers la culture d'orangers parce que notre plaine peut encore devenir un berceau de l'horticulture. L'approvisionnement en engrais demeure un problème dans notre fokontany. Les paysans avaient l'habitude d'utiliser de l'urée mélangée avec du fumier. Il nous faut de ce fait un nouveau fertilisant pour pouvoir produire. Si des fournisseurs sont prêts à nous soutenir en matière d'engrais, nous pouvons toujours passer un contrat."

 

Ravelosoa, agricultrice

"Nous cultivons du manioc, du haricot, du riz, du pois de terre (voanjobory) et des manguiers. Nous ne cessons de planter d'autres cultures pour diversifier les aliments. Nous saluons le nouveau projet qui sera initié dans notre fokontany, d’autant que l'agriculture est le fondement des activités paysannes. »

 

Farah Randrianasolo

 

 

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