Développement durable

Exemplaire ! Les efforts fournis par l'Association Anjà Miray (Ami) méritent d'être mentionnés. Les 400 membres de cette association éparpillés dans six villages d'Ambalavao ont tenu leur pari et réussi à concrétiser un développement durable.

 

Ces membres sont intervenus dans la conservation de la biodiversité, une activité difficile à gérer. Elle devient ces derniers temps une des principales sources de revenu pour la population locale car en tout, Anjà couvre une superficie de 36 hectares dont 25,25 hectares destinés au reboisement et à la reforestation. Ce parc à gestion communautaire recense ainsi 500 individus de lémurs catta, 200 espèces de caméléons, de lézards, de reptiles et de 76 variétés de plantes.

Jean Pierre Claude Ralaivao, directeur de l'Environnement et des forêts de Haute Matsiatra explique que la gestion locale des ressources naturelles se base sur la protection de la biodiversité, la promotion de l'écotourisme et la lutte contre la pauvreté. « Les habitants ont mis en place le système de pare-feux aux alentours du site, ils ont renforcé l'application du dina. Ils ont même interdit le prélèvement de plantes médicinales à moins qu'elles fassent l'objet d'un usage à but non commercial et non lucratif », indique-t-il.

 

Le tourisme local séduit

Le site d'Anjà s'édifie aussi grâce à l'écotourisme. Le tourisme local y est très développé avec une affluence de 13 000 visiteurs en 2011. Cette activité génère en moyenne une recette annuelle variant entre Ar 36 466 000 et Ar 81 750 000. Sur ces recettes, les infrastructures ont 0% du budget ; 30% sont affectés aux bénéfices de l'association et 30% sont injectés dans l'entretien du parc Anjà. L'importance du nombre de visiteurs permet à Ambalavao et à Fianarantsoa d'enregistrer un bon taux de remplissage en haute saison. Dorsile Razafitsimihanta, l'adjoint chargé d'appui du district d'Ambalavao précise que « Anjà peut être pris comme un bel exemple concret pour le pays. Il doit commencer à partager son savoir-faire et ses expériences aux autres communautés de base, incitant les compatriotes à prendre en main l'avenir de leur environnement ».

 

Résultats palpables

Les retombées des activités de l'Ami ont un lien étroit avec l'amélioration des conditions de vie de la population locale. Un pisciculteur qui souhaite garder l'anonymat témoigne qu'en sept années d'activités lui ont rapporté de bons profits. « Je m'occupe des alevins les deux premiers mois et je récolte des poissons le mois de septembre ou octobre. J'exploite un lac de 3 hectares et la production s'élève entre 1 à 2 tonnes par an et je vends le kilo à Ar 4 000 aux clients d'Ambalavao, de Fianarantsoa, d'Antananarivo et d'Ihosy », raconte-t-il. Les recettes perçues par l'association l'aident dans la réalisation d'œuvres sociales.

L'Ami se concentre aujourd'hui sur la construction d'une école primaire publique dans le village d'Anjà et concocte déjà un projet d'adduction d'eau potable. Chaque habitant profite du développement de son village car l'association a étendu ses activités en boostant la création artisanale, l'art culinaire et l'apprentissage des langues étrangères qui constituent des valeurs ajoutées pour l'ensemble du site.

La gestion communautaire du site d'Anjà a l'appui de quelques partenaires. Les leaders locaux ont décidé de raffermir la collaboration avec d'autres associations dont l' Association des Populations des Montagnes du Monde à Madagascar, entre autres.

 

Farah Randrianasolo

 

(Lu sur L'Hebdo de Madagascar)

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