Corridor Ankeniheny-Zahamena

Le crime environnemental en plein cœur de Maromizaha

Les forêts de Maromizaha, comprises dans le Corridor Ankeniheny-Zahamena (CAZ) subissent ces derniers temps les pires pressions humaines. Les communautés de base, les populations locales ainsi que les immigrants se lancent dans l'exploitation illicite au cœur de Maromizaha qui s'étend sur une superficie de 1 880 hectares. Cette nouvelle aire protégée gérée par le Groupement d'études et de recherches sur les primates de Madagascar (GERP), abrite des espèces endémiques telles que treize espèces de lémuriens, soixante-dix sept espèces d'oiseaux, soixante-dix sept espèces d'amphibiens, vingt espèces de reptiles ainsi que des arbres autochtones comme le "dragona".

 

En février, soixante hectares de forêts ont été détruits et six mois plus tard, la superficie anéantie a triplé de volume. "Les habitants transgressent les lois. Ils dépassent les zones de délimitation et procèdent à la destruction massive par le biais du défrichement, de la fabrication de charbon, de la chasse aux lémuriens. Les besoins croissants des habitants de Toamasina, de Moramanga et d'Antananarivo poussent les habitants à débroussailler les plants et les arbres. Un homme a été pris en flagrant délit et il a été remis à la justice", explique José Ralison, coordinateur technique du projet Maromizaha.

 

En général, le GERP a prescrit une distance de 100 mètres entre les limites de la forêt, la zone d'habitation et la zone d'usage traditionnel. La population elle-même a dicté sa propre loi et repoussé cette limite jusqu'à 20 mètres. C’est pourquoi les communautés de base et la population locale ont transformé en business leurs activités illicites : d'où les sacs de charbon le long de la Route nationale N°2.

 

La reforestation au cœur de Maromizaha dépendra de la réussite des alternatives optées comme activités génératrices de revenu. Cette année, huit patrouilleurs ont repris leur travail pour contrôler les zones sensibles. Les populations sont sensibilisées à se consacrer aux nouvelles orientations sur l'agriculture, l'apiculture, l'aviculture, l'élevage bovin et porcin, la production d'huiles essentielles et la multiplication des pépinières.

 

Le Pr Jonah Ratsimbazafy, secrétaire général du groupe, sollicite la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar de prendre en considération le cas de Maromizaha et d’allouer des fonds pour sa restauration, de façon à aider les populations à préserver le capital vert qui assure leur survie.

 

Farah Randrianasolo

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site