Conservation

La Fondation pour les aires protégées renforce son engagement

Relation de la confiance établie. La Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar (FAPBM) ne lésine pas ses efforts dans le but de développer les activités de conservation dans ces sites. L’année dernière, vingt-et-une aires protégées ont bénéficié de son appui et la semaine dernière, la fondation a rencontré ses contributeurs au capital, à savoir l’Etat, la Banque mondiale, l’Agence française de développement, la coopération allemande, Conservation International et World Widefund For Nature pour leur présenter le rapport des activités réalisées l’année dernière.

« Cette douzième rencontre nous a permis de faire le compte-rendu de 2013. Malgré les difficultés sur le marché international, les bailleurs continuent d’appuyer la fondation en lui octroyant USD 50 millions », avance Sahondra Rabenarivo, présidente du Conseil d’administration de Fapbm. Cette année, la fondation financera des projets en faveur de vingt-huit aires protégées.

Tout est question de redevabilité dans la relation entre la fondation et les bailleurs. Beboarimisa Ralava, directeur exécutif, explique que les parties prenantes prennent en compte le principe de bonne gouvernance. « La crise a engendré la pauvreté. Voilà pourquoi la population se consacre au braconnage, à la chasse des espèces et à la coupe illicite d’arbres pour se procurer du bois de chauffe et des matières premières pour les pirogues. C’est ce qui conduit à la dégradation de la situation. D’où les projets de développement pour le bien-être social à travers les activités génératrices de revenus. Les contributeurs nous confient les fonds et il nous appartient de faire état du rapport d’activités et du financement », commente-t-il.

Les gestionnaires et les promoteurs collaborent étroitement avec les communautés de base pour que les projets de développement donnent des résultats palpables en matière de conservation.

 

En péril

Le directeur exécutif poursuit que les fonds manquent pour atteindre la vision Durban qui préconise la conservation de six millions d’hectares. Il dit que si on se réfère sur la base d’USD 3 par hectare, le coût de gestion seul avoisine USD 18 millions. A l’heure qu’il est, Madagascar doit redoubler d’efforts pour sauver les forêts humides de l’Est classées par l’Unesco « patrimoine mondial en péril ».

La Dr Julie Ranive, grant officer et responsable scientifique de programmation et de projets au sein de la fondation, justifie que des biens naturels qui n’existent nulle part ailleurs se trouvent dans les forêts humides de l’Est, élus en tant que patrimoine mondial sur les critères neuf et dix. « Masoala, Marojejy, Andringitra, Andoahela, Ranomafana et Zahamena composent ces forêts. En 2009, l’exploitation illicite dans Marojejy et Masoala a valu ce statut de patrimoine en péril. En 2010, l’Unesco a accordé USD 100 000 à titre d’urgence à Madagascar lui permettant de rétablir les valeurs universelles exceptionnelles au niveau de 2008, avant les menaces et le statut « en péril » sera levé », confirme-t-elle.

Le redressement du statut dépend ainsi de la réussite du renforcement des patrouilles, de la sensibilisation sur la lutte contre l’exploitation illicite des biens et l’évaluation des valeurs exceptionnelles.

 

Mission de suivi réactif

 

L’Unesco et l’IUCN procèdent à une mission de suivi réactif afin de mesurer les actions entreprises relatives au redressement et par rapport au plan d’actions de l’Etat. L’Unesco demande la position ferme de l’Etat sur la lutte contre le trafic de bois de rose ainsi que l’engagement politique ferme pour que les forêts humides de l’Est se trouvent en bonne position. Une mission de suivi s’annoncera l’année prochaine et d’ici 2016, ce grand capital vert ne devra plus figurer dans la catégorie « en péril » sachant que des partenaires se mobilisent pour l’aider à franchir ce grand pas. La Norvège, par exemple, alloue la somme de USD 1 million pour la mise en œuvre du plan d’assainissement et d’accompagnement de Madagascar dans le cadre de l’exploitation illicite des ressources naturelles.

 

 

Farah Randrianasolo

 

 

 

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