Conservation : Produire des crabes autrement

Adapter la manière asiatique dans les régions du Sud. La différence des connaissances en matière de production de ressources halieutiques dans le Nord et le Sud de l’île, explique le faible rendement des pêcheurs dans chaque région. Afin d’optimiser la production de crabes dans le Menabe, World Wildlife Fund, le programme SmartFish et l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en partenariat avec le ministère de la Pêche, rencontrent cette semaine les pêcheurs professionnels pour aborder ensemble le thème « Exploitation responsable des crabes Scylla Serrata : moyen de gestion durable des mangroves et de l’amélioration des moyens d’existence et de la sécurité alimentaire ». L’atelier vise l’exploitation à long terme de la filière crabe sans que ces crustacés ne disparaissent précocement des mangroves.

Zbigniew Kaspryk, expert de la FAO, explique que les pêcheurs recourent aux méthodes traditionnelles de capture de crabes. « S’ils utilisent les crochets pour attraper les crabes dans les rochers, ils les blessent. A ce moment-là, s’ils harponnent de petits crabes ou les femelles, ils ne pourront plus les remettre à leur place. Or, les crabes de petite taille méritent de grandir et gagner le poids normal de plus de douze centimètres, idéal pour le commerce. Et les femelles doivent pondre pour garantir la survie des ressources des mangroves », argue-t-il.

L’expert poursuit qu’en abandonnant ces manières, les pêcheurs verront leur production s’accroître, ce qui améliorera leurs conditions de vie.

Adaptation

Le programme SmartFish a développé une méthode de conservation des crabes pour qu’ils ne meurent pas. « On peut sécher les poissons, congeler les crevettes, mais les crabes morts ne valent rien du tout. Les pêcheurs prennent l’habitude de placer les crabes dans des soubiques, puis les entasser les unes sur les autres. Avec ce procédé, les crabes s’étouffent facilement car ils manquent d’air. Il existe donc la méthode de caisses et d’étagères en bois permettant aux crabes de vivre plus longtemps. Même si on les transporte dans les camions, les étagères les protègent des chocs et facilite la circulation de l’air rafraîchissant les crabes », renforce Zbigniew Kaspryk.

Le programme a déjà initié un nouveau modèle de captage de crabes s’inspirant du type asiatique, avec l’installation d’enclos vivier ou cabane pour crabes. Pour vivre, ils ont besoin de chaleur, d’humidité et d’air. L’enclos vivier consiste à abriter les petits crabes capturés. La toiture empêche le coup de soleil d’entrer dans la cabane. Avec une hauteur d’environ quatre mètres, l’enclos permettra à la mer de pénétrer à travers les bois et de ramener des planctons, nourriture des crabes, durant la marée haute. Les pêcheurs n’auront pas du mal à surveiller la croissance de leurs crustacés.

Dans cette optique de conservation, les populations locales sont encouragées à planter des mangroves. Rémi Ratsimbazafy, leader écorégional marin de WWF, souligne que les communautés de base y jouent un rôle primordial.

« Il y a le contrat de transfert de gestion lequel est toujours accompagné d’une éducation. Le fait de les inciter à planter des mangroves leur explique déjà les avantages de la gestion durable des ressources qu’elles exploitent. Sans mangroves, elles ne collecteront ni crevettes ni crabes », conclut-il. Pendant la période de fermeture de pêche, les habitants abattent les forêts de mangroves pour les exploiter dans la construction et le bois de chauffe. Si elles persistent dans cette attitude, ils vivront dans un désert.

Farah Randrianasolo

 

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