Violences

25 novembre. Journée mondiale de lutte contre les violences à l'égard des femmes et des fillettes. La campagne des 16 jours d'activisme est aussi lancée ce jour. Violences conjugales, maltraitance des enfants, abus sexuels... des survivantes issues de quelques quartiers de la capitale témoignent.

 

Silhouette fine aux cheveux longs et très lisses, Carlitta (*), la trentaine porte sur elle des marques bleues, notamment sur les bras et la cuisse gauche. Elle exerce depuis cinq ans le plus vieux métier du monde. Elle relate qu'elle voudrait bien arrêter un jour, mais tant que son compagnon, qui lui offre un toit, est là, elle ne pourra pas puisque ce dernier la contraint à vendre son corps et elle n'a pas la force de refuser puisque le refus lui vaut des coups et des blessures. « Je dois ramener de l'argent à la maison tous les jours. Des fois, c'est lui qui contacte des clients et je n'ai pas le droit d'objecter. Il perçoit une partie avant la rencontre et je reçois le reste après le travail », raconte-t-elle, le visage aigri par la fatigue.

Carlitta n'ose pas porter plainte alors qu'elle est sujette aux coups et blessures volontaires de son ami. La jeune femme souhaite mettre un terme au calvaire qu'elle vit car non seulement son époux la bat, il lui profère aussi des propos injurieux et incestueux. « Que puis-je faire ? Je veux abandonner cette vie, avoir des enfants. J'ai cru qu'il allait me tirer de cette situation, pourtant c'est lui qui m'y enfonce et j'en souffre », poursuit-elle.

Carlitta n'est pas un cas isolé. D'autres femmes qui monnaient leurs corps sont mal vues et mal comprises par la société. Bella (*), une autre belle de nuit confie qu'elle ne se laissera plus surprendre. Elle a eu une mésaventure avec des clients qui lui ont promis une somme coquette. « J'ai été assez bête parce que je ne faisais pas attention aux deux hommes. Je me suis laissée emporter par leur promesse et finalement, je n'ai rien eu... si, des baffes et des coups de poing », relate-t-elle.Ces deux femmes ignorent qu'elles pouvaient dénoncer ces actes à la police des mœurs et de la protection des mineures. Toutes les deux avouent qu'elles craignent la discrimination des agents de police et préfèrent passer leurs cas sous silence.

Prostitution enfantine

Quelques collégiennes et lycéennes âgées entre 12 et 18 ans grossissent les rangs des travailleuses de sexe. Laure Rabetokotany du centre Mitsinjo ny Rariny sy ny Zo de l’ACAT certifie qu’en une semaine, trois adolescentes rejoignent le centre et se plaignent de leurs clients qui n’honorent pas la promesse de paiement après le service. « Nous référons de leurs cas à la police des mœurs et de la protection des mineurs qui convoque par la suite les parents. Nous sommes, par ailleurs, surpris parce que ces derniers ne répondent pas à l’appel. Donc, on ne sait pas si les jeunes filles cachent la vérité ou ce sont les parents qui éprouvent la honte et n’osent pas se présenter au poste de police. C’est pour cette raison que les affaires concernant la violence sur les enfants et les mineures ne parviennent pas au tribunal », argue-t-elle. Cette affluence des jeunes filles vers le travail de sexe reflète ainsi les résultats méprisables de la crise sociale au pays.

Farah

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