Tsioriniaina Randriamiandrisoa : Artiste dévouée et complète

Tsioriniaina Randriamiandrisoa : Artiste dévouée et complète

Si les chanteurs véhiculent leur message à travers les paroles, Tsioriniaina Randriamiandrisoa, Tsiory pour les intimes, apporte la même chose. Mais d’une autre manière, plus vivante et percutante : la T-shirterie.

 

« Zah koa vita gasy », « Madagascar Vrrrooom vrrrooom », « Firaisana ara-nofy »… des exemples de messages que portent les collections de Tsiory.

Depuis son jeune âge, cette jeune mère d’un petit garçon s’est inspirée de la philosophie, des faits et réalités malgaches. Elle a cherché tous les bons moyens pour faire valoir ses atouts. Un jour, l’idée de vouloir transcrire ces impulsions lui est venue et en 2007, elle a créé sa propre ligne, exclusivement « vita malagasy » et se singularisant par la marque déposée « Tishanakà ».

Ce n’est pas un nom japonais, ni africain, ni brésilien, juste le diminutif de « T-shirt anakà ». Toutes les collections réalisées comportent des messages en malgache. Tsiory et ses collaborateurs ont opté pour ce type d’habit adapté à tous les âges, à toutes les générations. « La maison a choisi l’uroplatus comme emblème, un lézard endémique de notre pays pour montrer que nous restons fidèle à notre engagement, à notre idéologie et à notre mission. Ce petit lézard diffère des autres qui muent leur peau lorsqu’ils changent d’espace », lance-t-elle. Pour cette créatrice, les messages pourraient être vagues. Au fond, toutes les inscriptions encouragent chacun à aller de l’avant pour rechercher le développement et l’épanouissement, tout en gardant son identité et sa fierté d’être Malgache.

 

Artiste

Cette jeune femme ne manque pas de talent. Son parcours artistique confirme ce qu’elle devient aujourd’hui. Ayant évolué au sein d’un groupe de rap, elle n’a cessé de créer. « Je me suis demandée comment je parviens à écrire, à concevoir quelque chose alors que je ne suis pas forte en langue malgache. D’ailleurs, je n’aimais pas trop cette matière au lycée », se souvient-elle. Elle a chanté pour le compte de North and Center et Jimdah. Elle a également travaillé sur un single inédit en collaboration avec Rhayo, un titre gravé sur un compact disc qu’elle ne préfère pas encore diffuser. Elle se met ainsi dans la peau d’un voyageur féru d’aventure, ignorant où le vent l’emmènera, mais sûr d’arriver à bon port après chaque périple.

Cette créatrice adore travailler en groupe. « Tout ce que nous réalisons résulte toujours d’un brainstorming. Même si j’ai des idées, je les partages avec les collègues et c’est la décision de tous qui sera exécutée », confie-t-elle.

 

Battante

Il y a quelques années, les chemins de Tishanakà et de Baobab se sont croisés. En termes de business, les deux sont considérés comme concurrents. « Disons que nous sommes complémentaires parce que cette connotation ne touche pas notre foyer », rectifie Tsiory. Elle confirme que les deux marques ont leurs cibles respectives. Le couple s’organise pour que l’activité de l’un ne piétine pas celle de l’autre. Chacun va ainsi de son côté, et le mari ne s’immisce pas dans la gestion et la comptabilité de son épouse. Tsiory reconnaît qu’elle a connu un début difficile et lorsque la crise a commencé, cela a eu un impact sur son commerce car quelques boutiques restent ouvertes à Toamasina, Mahajanga, Antsiranana et Toliara.

Pour le moment, la maison ne pense pas à couvrir le marché international. Sauf que la marque s’exporte déjà sous une autre forme. « Des sociétés passent leurs commandes et nous demandent d’apposer le logo et la marque ‘vita malagasy’. Bon nombre de gens associent le ‘vita gasy’ avec la mauvaise qualité alors qu’eux-mêmes font partie de la procréation malgache. Comment pouvons-nous dénigrer notre propre image ? », s’enquiert-elle.

Pour cette inconditionnelle de la mode, des grillades et des plats malgaches, sa première conférence de presse à l’occasion de sa première collection demeure son meilleur souvenir. « C’était une expérience palpitante, mais je m’en étais bien sortie. Je remercie mes amis de toujours, Solofo, Harison et Léa qui m’ont soutenue et rassurée. Ils m’ont ôté toute crainte de parler devant une cinquantaine de journalistes », ajoute-t-elle.

La maison est actuellement à sa huitième collection. Tsiory souhaite que les messages touchent le cœur de ses compatriotes. Elle partage ainsi avec ses créations des messages de sagesse, de connaissance, de valeur, d’encouragement, d’énergie, de pouvoir, de volonté, de transformation et d’amour.

 

Farah Randrianasolo

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