Trente interprètes de la langue des signes pour Madagascar

Manque crucial d’interprètes de la langue des signes. Madagascar dénombre environ 200 000 personnes malentendantes. Il ne s’agit pas d’un chiffre officiel parce que, quelque part, dans des zones reculées, des personnes vivant dans la déficience auditive n’osent pas se manifester. L’inégalité de chance en matière d’éducation creuse ainsi le fossé entre les personnes malentendantes qui fréquentent des centres d’apprentissage et ceux qui ne savent pas comment communiquer avec leurs pairs et avec les personnes dites saines et normales.

Tony Andrianjafiarivony, interprète, rappelle que seules trente personnes maîtrisent la langue des signes. « Elles ne couvrent pas toutes les régions, ce qui explique la mauvaise qualité de l’éducation que reçoivent les personnes malentendantes et qui fait que des entreprises ne les recrutent pas. En outre, certains parents ont peur de présenter leurs enfants malentendants et ces derniers n’accèdent pas à l’éducation », détaille-t-il.

On distingue la langue des signes internationale qui consiste à véhiculer des vocabulaires gestuels différents mais régis par une règle grammaticale universelle et acceptée par tous. Comme les langues parlées, celle des signes varie de pays en pays et d’une région à une autre.

 

Leadership

Dans le but d’asseoir une méthode de travail efficace au niveau des associations locales, les membres de la Federasion’ny marenina eto Madagasikara se sont réunis la semaine dernière à l’Akanin’ny Marenina aux 67 hectares, pour poursuivre une formation en leadership. « Ces membres se sont initiés au leadership pour pouvoir réussir l’inclusion sociale et promouvoir le respect de leurs droits parce qu’ils peuvent également contribuer au développement », soutient Ely Rabemiarana, représentante-résidente de Christoffelen Blindenmission lors de la cérémonie de remise de certificat à la fin de la formation. Celle-ci, réalisée en collaboration avec Deafnet Center of knowledge, a permis aux participants issus de treize localités de renforcer leurs compétences en matière de droits, de gouvernance, de techniques de négociation aux côtés de leurs homologues en provenance de Maurice et d’Afrique du Sud.

Le Rév. Smite, président de Deafnet a félicité la patience des membres qui ont travaillé pendant quarante heures. « Nous avons discuté des problèmes que rencontrent les personnes malentendantes. Les idées ressorties au cours de cette formation ont été formulées sous forme de déclaration que la fédération soumettra au gouvernement, aux membres des organisations de la société civile afin de connaître si la convention sur les personnes en situation de handicap est respectée à Madagascar », a-t-il souligné. Les récipiendaires du certificat de fin de formation sont inscrits d’office dans le réseau Deafnet à travers l’Afrique.

Farah Randrianasolo

 

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