Serge Andretseheno : La fibre sociale dans le sang

Combien de personnes osent se porter volontaires pour une action? Combien d'entre elles accepteraient de travailler bénévolement? Pour les deux questions, les réponses seront variées. Serge Andretseheno, actuel président du Rotary Club Ainga, donne un aperçu du volontariat et du bénévolat en indiquant que ce sont deux différents concepts.

 

Architecte de formation à la tête d'un cabinet professionnel, Serge Andretseheno n'est pas nouveau dans l'approche participative. Bénévole et volontaire, il l'a toujours été et il continue de privilégier le réseau de camaraderie, car il se sent bien à l'aise en groupe et dans la société. Il a déjà occupé la fonction de past président des anciens de Saint-Michel et dirigé le Fiangonana Katolika Malagasy de Toulouse (FKMT). "Quand j'ai terminé mes études, je me suis dit qu'il fallait renouer avec le réseau d'amis et soutenir l'entourage", lance-t-il.

Arrivé à Madagascar en 1998 après une longue absence de huit années, l'architecte rentre au pays avec l'idée de servir la camaraderie et d'œuvrer dans le social. Père de famille, il se décrit comme une personne qui n'aime pas opérer en solo. "J'éprouve le besoin de vivre en société, de travailler et d'agir en équipe", renchérit-il.

La vie associative lui a appris le leadership et grâce à ses expériences, il a pu aiguiser son esprit de discernement qui lui montre le bon chemin à prendre pour l'application des bonnes valeurs dans la vie.

 

Bénévole

En toute humilité, Serge Andretseheno affirme qu'il ne peut pas prétendre tout réussir. Toutefois, il reste convaincu qu'il peut faire quelque chose pour autrui. Il loue l'abnégation des personnes qui font preuve de volontariat. "Il y a une nuance entre le bénévolat et le volontariat. Il existe des volontaires qui acceptent d'être rémunérés en marge d'un travail, tandis qu'un bénévole n'attend rien en retour. Il n'exige ni contrepartie ni compensation", argumente-t-il.

Il soutient que parfois même, les bénévoles se sacrifient et utilisent leurs propres fonds afin de parvenir à un but. "Dans une association comme dans un club, le bénévole répond présent, respecte l'assiduité et prend conscience de l'obligation financière. La personne qui ne se conforme pas à ces préceptes et croit qu'elle a été contrainte d'adhérer dans l'ensemble, n'est ni volontaire ni bénévole", confie-t-il.

Depuis une décennie, il fait partie du Rotary club en intégrant tout d'abord le Rotaract, un club destiné aux jeunes âgés entre 18 et 30 ans qui sert d'école de vie. En trois ans, il s'est préparé au poste de président, une lourde responsabilité, mais qu'il assume avec aisance et patience. Le fait de voir les mineurs de l'école éducative d’Antanimora l'a ému. "Lorsque vous voyez la joie dans les yeux d’enfants qui reçoivent des présents et de la nourriture, le bonheur de petits patients à qui des visiteurs ont rendu visite à l'hôpital, ou encore le ravissement d’élèves dotés de fournitures scolaires, cela vous procure de la satisfaction et vous donne l'impression d'une mission accomplie", ajoute-t-il.

 

Actif

Toutes les activités qu'il va réaliser durant son mandat, se situent dans les six axes stratégiques du Rotary club : la paix et la prévention/ résolution des conflits, la prévention et le traitement des maladies, l'eau et l'assainissement, la santé de la mère et de l'enfant, l'alphabétisation et l'éducation de base, le développement économique et local. Il explique que le club n'empiète pas sur le devoir du gouvernement. "Il ne nous appartient pas de construire des écoles ou de garantir l'adduction en eau potable. Les actions des clubs de service n'ont qu'un infime impact sur les bénéficiaires, mais elles pourraient être profitables à tous", atteste-t-il.

Serge Andretseheno signale ainsi que les actions au sein du club accaparent du temps, de l'argent, voilà pourquoi les levées de fonds sont initiées, car c’est un moyen d'exhorter les membres, les camarades et les connaissances à servir la bonne cause. Jongler avec la vie familiale et la vie du club semble une véritable gymnastique car il doit se comporter en planificateur pour concilier les deux. Il ne s'en plaint pas et endosse tout sans crier sa lassitude.

Outre les œuvres caritatives, telles que l'appui des plus démunis, l'approvisionnement en eau de l'école primaire publique d'Antanetikely-Arivonimamo, la réhabilitation d'un lycée à Ilafy, le devoir du grand club remonte jusqu'au suivi des activités du Rotaract Faneva, son filleul. De nature tempérée, le président du Rotary Ainga mène une approche diplomatique pour conserver l'ambiance fraternelle au sein du club. Il souhaite la sortie de crise après les élections du 20 décembre pour que tous les Malgaches retrouvent la paix, la sécurité et le bien-être.

 

ENCADRE

Les critères des quatre questions

Étant un homme de valeur, Serge Andretseheno reste fidèle à la devise du Rotary : "Servir d'abord". Il témoigne que les critères des quatre questions constituent les fils conducteurs qui animent sa volonté.

1. Est-ce conforme à la vérité?

2. Est-ce loyal de part et d'autre?

3. Est-ce susceptible de stimuler la bonne volonté réciproque et de créer de meilleures relations amicales?

4. Est-ce profitable à tous les intéressés?

 

Farah Randrianasolo

 

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