Réseau de protection de l'enfant

Une lutte contre la maltraitance dans la région Boeny

Le Réseau de protection de l'enfant (RPE) intervient dans la lutte contre la maltraitance des enfants dans la région Boeny. L’objectif est qu’ils vivent en harmonie avec les membres de leurs familles respectives et dans la société.

 

Des enfants travailleurs, des jeunes filles se prostituant, des jeunes en conflit avec la loi. Partout, on en trouve. Le fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) appuie le RPE et ses membres qui se consacrent à diverses activités afin de permettre à chaque enfant victime de tout type de maltraitance, de connaître un jour un avenir meilleur en leur montrant le droit chemin.

Le Réseau travaille en étroite collaboration avec différents centres pour réinsérer des jeunes prostituées reconverties, des enfants délaissés par leurs parents, des jeunes garçons en conflit avec la loi et en danger ainsi qu'avec des enfants travailleurs. "Même si les parents veulent scolariser leurs enfants, ils ne peuvent pas le faire parce que les moyens financiers leur manquent. Nous sacrifions tout notre temps à casser des pierres. Nous devons compléter la quantité de 1m3 pour gagner Ar 5 000. Or, cette quantité n'est atteinte qu'au bout de deux à trois semaines de travail et il faut que toute la famille y participe", témoigne Maman'i Franklin, un jeune garçon de 8 ans qui vient d'être inscrit à l'école primaire publique du fokontany de Belobaka.

La mère de famille ajoute qu'ils doivent prendre en main le paiement des frais de scolarité de leur fils pour lui assurer un futur plus certain. Franklin a connu les souffrances du travail de la casse des pierres. S'il lui arrive d’être blessé, il ne va pas chez le médecin : de l'eau salée appliquée sur les plaies lui suffit. Maintenant qu'il va à l'école, il rejoint les siens lors des jours de repos.

 

Difficulté

D'une part, les enfants vont à l'école. De l'autre, ils rencontrent un sérieux problème quant à la nutrition car faute de ressources, ils ne mangent pas à leur faim. Ils doivent endurer la journée avec juste de l'eau chaude dans le ventre sans rien manger pendant deux jours. L'EPP disposait d'une cantine. Mais compte tenu de la précarité de la vie des parents, ces derniers ont dépouillé la cantine de tous ses équipements.

Le Collectif des droits des enfants et de la famille entend relancer la cantine afin de marier la scolarité à la bonne nutrition et pour que les actions de lutte contre l'abandon scolaire, ne soient pas vaines. En parallèle, l'Unicef poursuit son soutien par le biais de la distribution de kits scolaires afin d’alléger les charges parentales.

Dans la région Boeny, la maltraitance sexuelle touche la majeure partie des filles, mais des garçons aussi subissent le même sort. Les divers acteurs du RPE déploient tous leurs efforts pour réduire voire éliminer les maltraitances, mais tout dépend de l'engagement des parents qui souhaitent le bien-être de leurs enfants.



Districts

Types de maltraitances rencontrés

Maltraitance sexuelle

Maltraitance physique

Maltraitance psychologique

Négligences

Filles

Garçons

Total

Mahajanga I

216

106

34

184

385

155

540

Mahajanga II

22

3

0

6

29

2

31

Soalala

7

0

1

0

8

0

8

Mitsinjo

9

0

1

11

13

8

21

Ambato Boeny

5

3

5

0

13

0

13

Marovoay

10

7

5

44

33

33

66

Total général

269

120

45

245

481

198

679

Tableau résumant les cas de maltraitance dans la région Boeny

Source : Direction régionale de la Population et des affaires sociales

 

Réinsertion à sens unique

Le Collectif des droits des enfants et de la famille (CDEF), créé en 2000, récupère des enfants marginalisés, abandonnés et violentés par leurs parents et employeurs. Le centre, installé à Mahabibo, accueille des enfants de huit mois à 17 ans et les responsables leur offrent la possibilité d’une réinsertion scolaire et socioprofessionnelle. Jeannette Claire Raheliarisoa, accompagnatrice au sein du centre, raconte que la prise en charge vise notamment le retour de chaque enfant dans sa famille. Toutefois, le travail va dans un sens unique dans la mesure où les membres de la famille ne bénéficiant d'aucun traitement psychologique et social, ignorent comment renouer avec leurs enfants. En moyenne, le centre du CDEF héberge une cinquantaine d’enfants tous les ans et s'occupe de plus de quatre cents enfants à l’extérieur. En 2013, il innove avec la réinsertion des mineures prostituées reconverties qui poursuivent une formation en pâtisserie, en cuisine, en coupe et couture.

 

Le confort chez Anjarisoa

Le Centre Anjarisoa, géré par l'Association pour la protection et la sauvegarde des enfants, s'occupe de jeunes garçons en conflit avec la loi et en danger, âgés entre 9 à 18 ans. Dans la majorité des cas, les jeunes garçons ont commis des infractions aussi diverses que l'attentat à la pudeur, le détournement de mineures et, dans les cas exceptionnels, le flagrant délit de meurtre. Les plus jeunes vont à l'école et d'autres excellent dans la menuiserie.

Le séjour au centre dépend de leur comportement car certains s’y trouvent confortablement et y restent. Cependant, d’autres qui ne supportent pas la discipline, fuguent, récidivent, mais pris de remord, reviennent au centre pour être de nouveau réinsérés. Les responsables demandent aux familles des pensionnaires de venir fréquemment pour rester en contact avec leurs enfants. D'après eux, les jeunes garçons doivent s'adapter à leur mode de vie antérieure, c'est-à-dire, entretenir le lien familial avec leurs parents.

Le centre reste fidèle à sa mission, car des garçons parviennent à terminer leur cursus des niveaux primaire et secondaire et préparent leur intégration dans l’enseignement supérieur.

 

Farah Randrianasolo

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