Quand l'eau a le goût d'excrément

« L'Assainissement Total Piloté par la Communauté ne faillira jamais. Si elle échoue, c'est la société qui faillit », tels sont les propos du Dr Kamal Kar, le père de l'approche Community Lead Total Sanitation (CLTS).

 

La défécation à l'air libre a la vie dure. Cette culture est profondément ancrée dans certaines parties de Madagascar où 53,1% de la population la pratique, selon les estimations de Water Aid. Dans des localiés des zones côtières, les habitants évacuent leurs matières fécales sur la plage parce que leur culture interdit la conservation d'excréments dans un trou. Le faible taux d'accès à l'eau potable ne permet pas au grand public de profiter de l'hygiène et de l'assainissement. Et ces conditions d'évacuation des matières fécales fait empire la situation parce qu'elles favorisent l'accroissement des maladies diarrhéiques etla bilharziose causant la moratlité des enfants en bas âge ainsi que des adultes.

Le Dr Kar a affirmé, lors de la présentation de cette approche Clts le 16 novembre dernier, qu'il faut cultiver le dégoût dans le but de faire comprendre au public qu'il boit et mange en même temps de l'excrément. « Grâce à un mapping, nous procédons à une petite démonstration relatant la chaîne de contamination de l'eau par les matières fécales qui infectent les puits. Cette contamination s'aggrave durant la saison de pluies », a-t-il exposé. Dans la foulée, cette approche veut surtout susciter la dignité humaine car le fait de déféquer à l'air libre place l'être humain au même pied que les animaux qui n'ont ni peur ni honte.

Le Joint Monitoring program – OMS/UNICEF 2010 rapporte, en outre, que « 518 000 tonnes de matières fécales sont rejetées dans la nature par les 7 200 000 personnes pratiquant la défécation à l’air libre ». Cette grande proportion s'explique par l'absence de l'installation de latrines répondant aux normes d'hygiène. L'accès aux latrines améliorées (toilette turque, fosse sceptique, l'utilisation de la dalle de type Sanitary Platform dit SanPlat 'avalue seulement à 6,7% contre 40,2% pour l'utilisation des latrines non améliorées (planches, fosse perdue).

En bref, Clts signifie « zéro subvention ». Il s'agit surtout de sensibilisation sur le comportement à adopter et non de financement sur la construction de latrines. Lapproche vise à dynamiser l'initiative communautaire en vue de construire des latrines hygiéniques avec les moyens du bord. Clts qui concourt avec la campange Sans Défécation à l'Air Libre 2018 ne considère pas tellement le nombre de latrines construites ; elle ambitionne en premier lieu de recenser le nombre de personnes qui abadonneront la pratique de la défécation à l'air libre.

 

Farah

 

 

 

 

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