Pratique

Difficile à éradiquer. La corruption, actuellement un fléau social demeure une pratique fréquente à tous les niveaux. D'après les sources émanant de la branche territoriale du Bureau Indépendant Anticorruption d'Antananarivo, les collectivités décentralisées figurent parmi les secteurs les plus touchés, talonnés de près par la gendarmerie nationale, la justice, l'administration foncière, topographique, le service des domaine, la police et l'éducation.

Le directeur territorial, Arthur Benjamin Ratovoson indique que peu de gens connaissent la corruption. « Le nombre de doléances qui nous parviennent en témoigne. En 2011, sur 1 319 reçues, 225 d'entre elles seulement exposent des cas de corruption. La majorité de la population ignorent ainsi ce que la corruption signifie, alors qu'il s'agit d'une calamité qui ruine le pays et toute la génération », lance-t-il. Peu importe le secteur d'activité qui existe dans chaque ville, la corruption tente chaque individu ainsi que les serviteurs de l'État.

 

Quatorze aspects

Dans la région de l'Ouest, la corruption est connue sous le nom de « friry ». Cette pratique varie selon les secteurs mais bon nombre de personnes utilisent les mots tels que « Mametraka kely », « manotra », « manamboatra », « mitsoraka », « piston », « kalaky », « manindry », « mba omeo kafe », « tsy misy kely? », « mba mahalalà fomba » pour désigner le terme de corruption. « Presque tous les jours, la corruption touche notamment les conducteurs de taxi-brousse. Avec nos yeux indiscrets, nous apercevons les gendarmes qui hèlent les papiers du véhicule. Normalement, ils devraient rester près du chauffeur pour vérifier les documents, mais ils se retirent, vont à l'arrière pour récupérer ce que le chauffeur a mis dans le porte-papiers et reviennent à l'avant. N'est-ce pas étrange comme geste ? », se demande Isabelle Ranoronirina, une habituée de la route nationale numéro 2. Lorsque quelqu'un croit qu'une « contrepartie nette » semble normale pour un échange de service quelconque, cela n'a rien de criminel. Alors que le Bianco rappelle que la corruption, quelle que soit sa nature, c'est un acte répréhensible. Dans une bande dessinée de seize pages intitulée « Friry », la corruption se présente sous quatorze facettes à savoir la corruption active, le commerce incompatible, le favoritsime, la corruption passive, le trafic d'influence, le cadeau illicite, la concussion, l'abus de fonction, la dénonciation abusive, l'enrichissement illicite, la prise d'emploi prohibé, la prise d'avantage injustifiée, l'exonération et franchise illégale ainsi que les conflits d'intérêt. L'éradication de la corruption réussit à condition que la volonté politique, le soutien du public, l'institution indépendante, la législation appropriée ainsi que les moyens suffisants concourent à la lutte.

 

Farah Randrianasolo

 

(Lu sur L'Hebdo de Madagascar)

 



 



 

 

Village de Mahajerena

Le cancer du col de l’utérus terrorise Léonie

 

Optimiste ! Alitée depuis maintenant plusieurs semaines dans son village natal, Léonie Rahantanirina espère recouvrir la santé un jour.

« J’aurais aimé qu’un dispensaire soit implanté dans mon village. Comme cela, je ne me déplacerais plus à Vatomandry pour recevoir des soins », regrette Léonie Rahantanirina, mère de famille habitant le village de Mahajerena, dans le fokontany d’Anosimpary, commune d’Amboditavolo.

Malvoyante et atteinte du cancer du col de l’utérus, Léonie souffre doublement. Une ambulance est venue la chercher dans son village pour la conduire dans la ville de Vatomandry, mais comme son état s’est aggravé, une intervention chirurgicale au Chu Jra Ampefiloha est désormais nécessaire. La petite famille de Léonie a dû collecter auprès de la population la somme de Ar 36 000 pour permettre son évacuation à Vatomandry. « Dans notre village, tout le monde n’a pas suffisamment d’argent. Le niveau de vie y est très faible parce que les cultures ravagées par le passage de Giovanna ne sont plus rentables. Or, pour me soigner, il va encore falloir trouver la somme de Ar 3 millions parce qu’il n’y a qu’un service oncologique et il se trouve à Antananarivo. Faute de moyen, je ne sais pas ce qui m’arrivera. Je remets entièrement ma vie entre les mains de mon Créateur », se réconforte-t-elle.

Dans ce fokontany, l’insécurité alimentaire sévit et frappe plusieurs ménages. La plupart du temps, les familles s’offrent un plat de fortune à base de feuilles de patate mais cela écœure Léonie. Par ailleurs, les infrastructures d’hygiène et d’assainissement font défaut et les habitants sont contraints de boire l’eau de la rivière d’Antseranana, ressource en eau qu’ils partagent avec les volailles et les lavandières. Les conditions sont réellement précaires. Il n’est donc pas surprenant que la pauvreté ait un impact négatif sur l’état de santé de la population et ses conditions de vie.

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