Petite enfance

Mille jours pour agir en faveur de la nutrition

Une nutrition adéquate et une bonne hygiène assurent la croissance d’un bébé depuis sa fécondation dans le ventre de sa mère jusqu’à ce qu’il voit le jour.

 

« Mille jours, une fenêtre d’opportunité. » « Mille jours » définissent en réalité la période de croissance cruciale pour un enfant, c’est-à-dire de la période embryonnaire jusqu’à l’âge de deux ans. Les nutritionnistes calculent cet intervalle en considérant les neuf mois de grossesse (trente jours x neuf mois) qui donnent deux cent soixante-dix jours, et les deux premières années (trois cent soixante-cinq jours x deux ans) équivalant à sept cent trente jours. La combinaison de ces deux périodes se totalise en mille jours. Harilalao Razafimandimby, responsable de communication de l’Office national de nutrition met l’accent sur l’importance de la nutrition adéquate de la mère et de l’enfant qui garantit le développement du bébé jusqu’à deux ans. « Mille jours pour agir signifient que les parents ne doivent pas négliger la nutrition de la femme enceinte et de celle de l’enfant jusqu’à deux ans. La nutrition adéquate garantit la croissance corporelle, intellectuelle, la santé ainsi que la réussite scolaire de l’enfant », explique-t-elle.

A Madagascar, le taux de malnutrition aiguë s’évalue à 47,3% et un enfant sur deux est concerné. Si les maladies et la mauvaise hygiène s’ajoutent à la malnutrition, un enfant s’expose au retard de croissance.

Harilalao Razafimandimby annonce que la prévention de la malnutrition s’appuie sur le principe de mille jours pour agir en faveur de la nutrition. « La femme enceinte a besoin d’une nutrition saine, équilibrée et diversifiée pour qu’elle puisse bien nourrir le fœtus. Elle ne négligera pas la consultation prénatale et quand elle accouchera, elle allaitera immédiatement son nourrisson jusqu’au sixième mois », recommande-t-elle. Elle explique que l’allaitement exclusif renforce l’anticorps du bébé et raffermit le lien affectif entre la mère et son enfant.

 

Survie

Les médecins justifient que 45% des décès d’enfants de bas âge sont dus aux maladies diarrhéiques. Ils martèlent que même si une mère prépare une nourriture équilibrée à son enfant et mais qu’elle manque d’attention à l’hygiène, elle ouvre la porte aux maladies des mains sales qui provoquent les diarrhées et les vomissements chez son enfant.

« C’est pour cette raison que la dimension assainissement, eau et hygiène reste indissociée de la nutrition. La gestion des excrétas, des eaux usées, l’hygiène du corps et de la main, de l’habitat, du milieu et de l’aliment, la protection de la potabilité de l’eau ainsi que l’utilisation de latrines hygiéniques évitent la prolifération des maladies telles que le choléra, la bilharziose et la cysticercose. Si cette chaîne devient un cercle vicieux, le manque d’hygiène a un effet négatif sur la nutrition et entraîne la mort », insiste le Dr Fenohasina Ravaoarisoa, responsable de l’Information-Education-Communication auprès du service Santé et Environnement du ministère de la Santé publique.

Le médecin met en avant la trilogie des messages clés de Wash pour encourager les parents à veiller sur la survie de leurs familles. « Il importe de se soucier de la préservation de la potabilité de l’eau, du lieu de puisage jusqu’à la consommation, de l’utilisation effective de latrines hygiéniques et du lavage des mains avec du savon pour qu’aucun microbe ne nuise à la santé de tous », confie-t-elle.

 

La Journée nationale de la nutrition à Morondava

 

Dans la région Menabe, un enfant sur deux est malnutri. Les 20 et 21 juin, tous les Malgaches célèbrent la Journée de la nutrition, un événement qui vise à interpeller toutes les parties et les acteurs d’unir leurs forces pour lutter contre la malnutrition (modérée, aiguë, chronique) qui mine la vie des enfants. Les manifestations qui se dérouleront au Stade Saint-Paul de Namahora ont pour objectif de démontrer aux populations locales les gestes simples, les comportements à adopter pour accéder à la nutrition adéquate. La visite d’une « ferme spiruline », un carnaval, des conférences-débats, une exposition ainsi que des animations socioculturelles marqueront les deux journées de festivité.

 

Des indicateurs de négligence

Si un enfant ne grandit pas normalement, la faille provient des parents. Quelques statistiques fournissent des explications sur le comportement des parents qui ne priorisent pas l’allaitement maternel exclusif :

  • 24% des nourrissons ingurgitent de la tisane ou de l’eau sucrée à la naissance et avant de prendre leur première tétée

  • 49% des enfants de moins de six mois mangent de la nourriture outre le lait maternel

  • 2,9% des enfants de six à vingt-trois mois ne bénéficient pas d’une nutrition adéquate (allaitement maternel et complément alimentaire)

  • 87% des enfants ne mangent pas de la nourriture variée et équilibrée

  • 68% des enfants de douze à vingt-trois mois accèdent aux soins de santé

 

Farah Randrianasolo

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