Une militante du genre

 

Tête bien faite et bien pleine, Tafitaniaina Rajaonarisoa ou Tania pèse ses mots lorsqu'elle aborde le thème du genre. Elle précise bien que le mot « genre » ne s'apparente pas au sexisme. « Le genre appelle hommes et femmes à collaborer ensemble en faveur du développement durable », propose-t-elle.

La responsable du programme genre au niveau de l'Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique à Madagascar ou EISA mène une croisade pour que les femmes gagnent une place prépondérante dans les postes décisionnels. Pour elle, le concept du genre se définit comme un pouvoir permettant aux femmes de faire valoir leurs compétences, de se faire entendre et d'aider leurs paires dans tous les secteurs.
Cette jeune femme s'est spécialisée dans la science de l'informatique et de la communication. Par la suite, elle occupe le poste de chargée de communication dans le domaine de l'environnement, de l'anti-corruption, du handicap et de la santé de la femme. « Je m'occupais du programme de la santé de la femme au sein de Psi et j'ai saisi cette opportunité de l'Eisa pour étendre mes champs de compétence. Je trouve que le genre est un autre domaine de haut niveau qui chapeaute tous les secteurs. Le genre apportera ainsi un changement global puisque 52,43% de la population sont des femmes, soit plus de la moitié des Malgaches. Cela sous-entend que la moitié de l'intelligence, la moitié de la force et la moitié du pouvoir reviennent aux femmes », révèle-t-elle.
Le programme genre, financé par l'ambassade de Norvège jusqu'à ce jour, renforce la participation des femmes dans la gouvernance et la démocratie à Madagascar. Tania met au service de l’Institut son savoir-faire depuis mars 2012 et elle remue ciel et terre pour asseoir le genre à la base. Eisa Madagascar coopère avec le réseau des femmes en politique de l'océan Indien, le Conseil national des femmes de Madagascar, la commission genre et affaires sociales du Congrès de la transition, de la commission genre et dévelomement social au niveau du Conseil supérieur de la transition, du Vondrona miralenta ho an'ny fampandrosoana, de Gender Links, de Simiralenta, du Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires.

 

Parité

Elle reconnaît que les hommes font quelques progrès quant à l'application du genre. « Pendant le renforcement des capacités et la sensibilisation sur terrain, les hommes changent leur langage et leur expression en abandonnant le 'non catégorique' et optent pour la nuance 'non...mais'. Sinon, la culture, les problèmes social et économique empêchent les femmes malgaches de se positionner par rapport à la politique et à la démocratie », rapporte-t-elle.
Tania insiste que le genre n'a rien à voir avec le féminisme. Elle précise qu'il est également compliqué de parler d'égalité de sexe qui confère aux caractères morphologiques. Selon elle, la dimension ou l'approche genre sonne mieux et rime avec parité car cette notion place l'homme et la femme sur le même pied d'égalité où tous deux jouissent des mêmes droits et avantages à compétences égales.

Elle poursuit que les femmes qui veulent se porter candidates aux postes décisionnels, doivent se présenter qu'elles veuillent devenir chefs de fokontany, maires, parlementaires ou chefs de région. Pour le moment, 10% des femmes siègent au Parlement contre 26% au gouvernement. L'approche genre dans la scène politique préconise la proportion de 50/50 d'ici 2015 et les différentes entités ne ménagent pas leurs efforts pour y parvenir.

Dynamisme
2013 est choisie pour être une année d'élection et Tania doit arranger son emploi du temps afin de ménager sa vie professionnelle et sa vie familiale. Bien avant son intégration à l'Eisa, Tania pratiquait la danse et la natation. Mais depuis que son travail l'accapare sept jours sur sept et 24 heures sur 24, elle ne se concentre plus que sur le genre. Son dynamisme l’emmène loin de son pays, par exemple en Afrique du Sud, au Kenya, au Congo Brazzaville, lorsque l'Union africaine la sollicite pour une assistance technique à une observation électorale.
Tania approuve la candidature féminine aux élections et elle souhaite qu'une femme soit à la tête du pays, mais elle devrait mettre en œuvre un projet de société de qualité, orienté vers la population et ne s’adressant pas à une cible particulière. Après les élections, Tania et ses partenaires ne chômeront pas, car ils prendront en main l'accompagnement des femmes élues avec les séries de renforcements de compétence.

 

Farah Randrianasolo
Lu sur l'Hebdo de Madagascar

 

 

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