La qualité de l'éducation laisse à désirer

L'éducation est un droit fondamental. Tous les enfants en âge scolaire méritent de fréquenter l'école, même nos ancêtres l’ont confirmé : l'éducation constitue le meilleur héritage pour l'homme.
L’éducation de qualité, où peut-on la trouver? Les parents d'aujourd'hui blâment le niveau des jeunes. Ils ne cessent de faire remarquer qu'il y a cinquante ans, les enfants parlaient couramment le malgache et le français. « Je me demande de quelle manière les jeunes s'approprient de nouveaux langages métisses dénués de sens et incompréhensibles. En somme, ils parlent pour ne rien dire. Nous ne comprenons plus comment le ministère recrute les enseignants car les écoles primaires publiques ont perdu de leurs valeurs », se lamente Raymond Raberahona, retraité.
Mouvement national pour l’éducation pour tous (MonEPT) rapporte que la Grande île se trouve au 151e rang sur 186 pays dans le domaine de la qualité de l’éducation, selon l’indicateur de développement publié par le Programme des Nations unies pour le développement au titre de 2013. En outre, les statistiques du ministère de l'Éducation nationale révèlent que sur les 102 192 enseignants du primaire (public et privé confondus), seuls 58 312 possèdent un Certificat d’aptitude à l’enseignement ou un Certificat d’aptitude pédagogique, soit 57,1%.

« Dans les campagnes, les parents font appel aux maîtres Fram (engagés et payés par les associations de parents d’élèves) qui n'ont reçu aucune formation pédagogique. Combien d'enseignants fonctionnaires acceptent des postes dans les endroits isolés? Il se pourrait aussi que le ministère ne veuille pas engager trop de dépense en recrutent des fonctionnaires et il n'est pas surprenant de voir dans une école primaire publique un corps enseignant composé de 15 maîtres Fram et deux enseignants fonctionnaires. Faute de qualification, de compétences et de capacités, les enseignants Fram font leur possible pour transmettre le savoir aux élèves et comme ils ne maîtrisent pas la langue d'enseignement qui est le français, ils utilisent à la fois la langue maternelle et le français pour expliquer les leçons», constateJustine Ramalalanirina, parent d'élèves.

Formation
En temps de crise, la qualité de l'éducation s'est détériorée. Diverses raisons expliquent l'abandon scolaire. Le budget affecté à l'éducation est minime et il ne couvre pas tous les niveaux du secteur formel. S'y ajoute la pauvreté des ménages. « Les parents ont perdu leur emploi. S'ils pouvaient scolariser trois enfants auparavant, aujourd’hui il n'y en a qu'un qui va à l'école et les deux autres les aident au travail. La misère, le faible pouvoir d'achat poussent les parents à obliger leurs enfants à se tuer au travail domestique, la prostitution ou encore le travail dans les carrières minières. Mon fils aîné m'aide à vendre les objets sculptés et je lui a promis que lorsque j'accumulerai plus d'argent, il pourra reprendre ses études », témoigne Armand Ranaivo, artisan.
En outre, la question de formation est toujours remise en cause car le pays manque d'enseignants qualifiés. Bon nombre d'entre eux – des Fram – n'ont reçu aucune formation initiale. Ils ont appris sur le tas. « Au fond, nous nous soucions de l'avenir des enfants malgaches et ce sont les parents qui nous ont sollicités. Question d'argent, nous ne percevons aucun salaire mensuel, juste une sorte de reconnaissance. Nous aimerions que le ministère nous offre une formation pédagogique pour améliorer nos connaissances et pour que les enfants malgaches accèdent à un enseignement de qualité », soutient Isabelle Voarinirina, directrice et enseignante dans une école primaire publique en brousse.

En réalité, le nombre accru d'enseignants Fram ne concerne pas seulement les écoles en milieu rural. Même dans les grandes villes telles qu'Antananarivo, ils sont majoritaires dans les établissements publics.


Résumé des principaux résultats
Les effectifs scolarisés de l’enseignement primaire stagnent depuis 2009. Le déficit en termes d'enfants non scolarisés du fait de la crise est estimé entre 400 000 et 600 000.
Le nombre d'enfants abandonnant avant le CM2 est passé de 469 000 en 2008 à 724 000 en 2011, soit 255 000 de plus. Sur 100 enfants qui commencent le primaire, moins de la moitié atteint actuellement le CM2 contre 63 en 2007/08.
Le nombre d'enseignants fonctionnaires a rapidement chuté au cours des dernières années, atteignant 33% en 2010/11. La proportion des enseignants formés a également baissé avec un impact supposé négatif sur les acquis scolaires.
L'ensemble des résultats d'apprentissage (CEPE) se sont détériorés dans le prolongement de la tendance démarrée il y a dix ans.
(Source : L'éducation primaire en temps de crise/Banque Mondiale – juin 2013)

 

Farah Randrianasolo

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