Merinavaratra

Où peut-on trouver des sarcleuses, des herses et des charrues à la fabrication malgache e tà prix raisonnable ? A Merinavaratra, un petit village du fokontany d'Amby, commune d'Arivonimamo II. Mais il faut franchir une piste rurale tortueuse de six kilomètres soit à pied, en charrette, en vélo, en moto ou en 4x4. Ce hameau dénombre en fait deux coopératives à savoir Fototra et Soa qui excellent toutes deux dans la fabrication de Petits Matériels Agricoles (Pma).

La coopérative Fototra s'est dotée d'un groupe électrogène suite au fonds additionnel qu'elle a reçu du Psdr. Joséphine Rasoanjanahary, secrétaire du groupement rapporte que Fototra produit notamment des sarcleuses et des herses. « En moyenne, nous confectionnons 80 sarcleuses et 20 herses par semaine. Nos matériels investissent maintenant Antananarivo, Miarinarivo, Tsiroanomandidy et Toliara. Dans notre village, la qualité reste notre mot d'ordre car nous avons déjà surclassé la phase pilote », argue-t-elle.

Juste à côté, la coopérative Soa, disposant d'un poste de soudure, se voue aussi à la même activité. Concurrence ou complémentarité, difficile d'en déterminer la nature puisque hommes et femmes exécutent les mêmes gestes et exploitent les mêmes matières premières. Ces artisans s'approvisionnent en tas de ferraille dans les brocanteurs d'Ambalavao Isotry et à Arivonimamo. « En ce moment, nous produisons des matériels destinés au stockage, ce qui nous permet de souffler un peu. Avec les commandes, nous parvenons à réaliser 200 sarcleuses et 20 charrues par semaines. Comme l'électricité fait défaut dans notre village, nous avons installé notre poste de soudure à Arivonimamo qui nous rend l'assemblage de certaines pièces plus facile », détaille Rabemanajara, président de la coopérative Soa. Le succès de cette coopérative va au-delà de la région Itasy puisque leurs Pma se vendent à Fianarantsoa, Mahajanga, Antananarivo, Tsiroanomandiry, Morondava et Marovoay.

 

Avantages

Comme tout travail numéraire, une activité artisanale génère aussi des revenus et logiquement, les conditions de vie des artisans et de leurs membres de familles s'améliorent. La majorité des hommes ont acquis des motos facilitant leur déplacement entre Merinavaratra et Arivonimamo et les relations avec les clients. De plus, la vie va de mieux en mieux. « La commercialisation multiplie nos ressources et nous pouvons scolariser nos enfants et nous pouvons nous permettre d'une bonne qualité alimentaire », témoigne Victorine Rasoarilala.

Du point de vue collectif, les deux coopératives ont choisi de mettre au profit de leurs associations membres les fonds collectés. Fototra a utilisé ses profits pour l'achat d'une maison à Arivonimamo qui lui servira de magasin de stockage et de boutique. Quant à Soa, ses bénéfices sont placés sous un compte Cecam en guise de « Tsinjo lavitra » où les membres auront le droit d'effectuer des opérations de prêt et d'épargne.

 

Farah Randrianasolo

(Lu sur L'Hebdo de Madagascar)

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site