Mariage mixte : La diversité reflète la complémentarité

"Aza raràna ny ankizy raha hanambady e, aza raràna oo ny ankizy raha hanambady e. Avelao izy e handeha amin'ny sitrapony a", chantait Levelo.

 

Dans le domaine politique, les mots "équilibre régional" reviennent à la mode. Il semble que tout le monde cherche la bonne personne qui devrait être à la bonne place pour que la « cohabitation » se passe sans problème. Tout se déroule autrement dans un foyer...

Début tumultueux! Les préjugés des parents et de la fratrie de la jeune femme n'ont pas empêché les deux tourtereaux à se dire "oui pour la vie". Leur union donnera naissance à trois enfants et une petite-fille. Au XXe siècle, les couples essaient de casser les barrières ethniques, culturelles et religieuses.

Lui : adventiste et originaire de la région Boeny. Elle : catholique et originaire de la région Analamanga. Ils partagent leur vie depuis quarante ans, dont vingt-sept dans la légalité et la légitimité. Pendant plus de dix ans, l'homme a tout essayé pour démontrer à sa belle-famille qu'il est capable de rendre sa femme heureuse. De son côté, celle-ci a supporté les préjugés des siens, mais ne s'est pas laissée faire par rapport à son choix de vivre avec celui qu'elle aime. "Il n'avait pas le droit de me fréquenter, d'entrer dans notre maison, car notre famille n'approuvait pas sa présence. Une relation dans l'hypocrisie planait", raconte Chantal Rakotojaona, tailleur.

Comme dans toutes les passions, les feux de l'amour brûlent et avec ou sans permission des parents, la relation finit par aboutir à un engagement sérieux. "J'étais jeune à l'époque et dans mon intention, je voulais démontrer que j'avais raison. La famille avait ses préjugés, mais plus tard, à la naissance de notre première fille, tout a changé. Elle ne s'attendait pas à découvrir mon caractère, qui je suis réellement, et voilà le résultat : deux filles, un garçon et une petite-fille", relate Jean Claude Simon, mari de Chantal.

Pour le couple qui a traversé des océans, tout s’est basé- et continue de l’être- sur la communication qui ouvre toutes les portes, qui apaise toutes les tensions, qui résolvent tout problème.

 

Flexibilité

Il est rare que dans une telle structure, la famille ne se désintègre pas. En général, lorsque l'une des familles- celle de l'homme ou celle de la femme- s'oppose à la relation, l'union dégénère ou dure quelques années et finit par se rompre. De plus, la société est si cruelle que parfois, elle porte ses préjugés sur une situation qu'elle digère mal. Elle réagit étrangement qu'au final les enfants nés d'un mariage métissé subit son injustice.

Dans la famille Simon, les parents ont privilégié l'écoute. "J'interdis à mes enfants la relation avec les animaux. Afin d'éviter le conflit de générations, nous leur donnons le feu vert pour qu'ils épousent l'autre moitié de leur choix", poursuit Jean-Claude Simon. Cependant, certains éléments de la culture divise le couple et chacun ira un jour de son côté. "Dans notre famille, on n'acceptera jamais que ma femme soit enterrée dans notre caveau familial. Mais lorsque mon heure sonnera, je rejoindrai mes ancêtres dans mon village natal à Marovoay. Tandis que ma femme reposera aux côtés des siens. Quant aux enfants, s'ils réussissent à ériger un tombeau en leur nom, ils pourront y être enterrés le moment venu. Ils peuvent également choisir entre Mahajanga et Antananarivo", poursuit-il.

Dans certaines sociétés malgaches, les traditions, us et coutumes préconisent le mariage entre personnes de même caste, de même communauté et si un jeune désobéit à ses règles, il sera à jamais répudié voire radié de sa famille et de son clan.

 

Ce qu'en dit la Bible

 

Dans les Écritures Saintes, Dieu n'interdit jamais le mariage interracial. Peu importe l'origine de l'homme et de la femme, la couleur de leur peau, Il les bénit car Il leur a accordé la liberté de se marier avec la personne de couleur de leur choix. Toutefois, il hait qu'un croyant se marie avec une personne qui adore les faux dieux et les idoles. Dans Exode 34, 15-16, Dieu ordonne à Moïse de prévenir les enfants d'Israël : " Garde-toi de faire alliance avec les habitants du pays, de peur que, se prostituant à leurs dieux et leur offrant des sacrifices, ils ne t'invitent, et que tu ne manges de leurs victimes, de peur que tu ne prennes de leurs filles pour tes fils, et que leurs filles, se prostituant à leurs dieux, n'entraînent tes fils à se prostituer à leurs dieux." Ce précepte correspond à celui dicté dans II Corinthiens 6, 14a : "Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger." Dieu ne se penche pas sur la discrimination raciale, l'hérédité ou la classe sociale. Il recommande à ses enfants d'obéir à ses Commandements pour qu'ils vivent heureux.

 

Ils ont dit

 

Samuel Rakotomalala, épicier

"Je trouve que dans la majorité des cas, la différence entre les cultures expose à des barrières infranchissables. Elle produit toute sorte de problèmes entre deux familles. Certes, le couple résiste, mais la tension qui règne entre les parents, les frères et sœurs, devient si tendue que l'une des deux familles s'isole ou ne reconnaît plus son enfant. Si ce dernier lui demande une faveur ou un service, c'est perdu d'avance sachant qu'il fait l'objet de la discrimination de ses propres parents."

 

Landiarimanana, enseignante

« Tant que le véritable amour détermine la ligne de conduite au sein du foyer, la diversité ne fait aucune différence. De toutes les manières, même si les époux sont issus de milieux, de culture et de religion différents, ils trouvent toujours un terrain d’entente et une concession. La Sainte Bible mentionne que le mari est le chef de la femme, l’homme est donc le chef de famille, mais il appartient aux deux de se mettre d’accord pour prendre une bonne décision : c’est mieux de cogiter ensemble. »

 

Voahangy Rakotoarisoa, commerçante

« La diversité définit la complémentarité et elle symbolise une richesse inestimable sur tous les plans, parce que ce que l’on découvre chez l’un ce que l’on ne trouve pas chez l’autre. L’inégalité ne devrait être en aucun cas un obstacle pour l’épanouissement du couple, de la famille ou de l’individu. Néanmoins, il ne faut jamais dire du mal d’une personne. Si sa culture ou sa religion ne nous convient pas, il faut toujours la respecter tout en sachant préserver ce qui nous est précieux. »

 

Farah Randrianasolo

 

 

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