Mal reconnu à Madagascar

Le travail social est encore peu reconnu à Madagascar. Dans la Grande Ile, on dénombre quelque 1 600 travailleurs sociaux inscrits auprès du Syndicat des Professionnels Diplômés en Travail Social (SPDTS) et ceux-là ont à leur charge environ 20 millions d’habitants.

Lors de l’explosion sociale en 2009, ces travailleurs sociaux ont surtout renforcé leurs actions dans le domaine de la protection de l’enfant car l’on sait que la crise sociopolitique et économique a causé la disparition de nombreux enfants. Il fallait faire d’eux la priorité pour qu’ils ne soient pas victimes de violences. D’après Norotiana Jeannoda Randimbiarison, présidente du SPDTS, les travailleurs sociaux ont de mauvaises conditions de travail. «Au palais de Justice d’Anosy, un seul travailleur social s’occupe des dossiers de tous les services. Le budget de l’Etat affecte le recrutement des travailleurs sociaux et c’est pour cette raison que les services laissent à désirer dans le secteur public. En somme, 0.5 % des travailleurs sociaux sont fonctionnaires et le reste intervient auprès des organisations non-gouvernementales», explique-t-elle. 

Ce syndicat a organisé pour la première fois des actions au mois de mai 2009 durant la Journée Mondiale des Enfants Disparus et cette célébration se tient tous les ans maintenant. La présidente du SPDTS a fait état des principales raisons qui poussent les enfants à quitter la maison familiale, à savoir la maltraitance et les violences physiques et psychologiques entre autres. Seulement, certains enfants retrouvés qui ont fugué, récidivent jusqu’à trois à quatre fois par la suite. Mais les travailleurs sociaux entament maintes démarches jusqu’au tribunal pour qu’un enfant ait la chance de jouir de ses droits fondamentaux. Tel est le cas de Rasoanirina, qui s’est occupée de deux enfants dont la mère se trouve en détention. «Cette mère de famille élevait toute seule ses deux enfants de 17 et sept ans. Ne pouvant plus payer le loyer, elle est devenue folle et elle a mis le feu à son domicile en octobre 2009. C’est la grand-mère qui a dû prendre en main l’éducation des enfants parce que leur mère a disparu. J’étais surprise de savoir qu’elle se trouve en prison. La grand-mère s’est ensuite plainte qu’elle n’est plus en mesure de s’occuper de ses petits-enfants. J’ai dû me rendre au tribunal pour entamer une enquête sociale et après des interventions, la mère a été relâchée trois mois après avoir été emprisonnée. L’aîné a finalement bénéficié d’un transfert dans un autre collège où il peut poursuivre sans problème ses études. Les deux enfants sont actuellement placés dans un centre d’accueil », dit-elle. 

La maltraitance que les travailleurs sociaux remarquent sur les enfants sont de cinq types: physique comme les coups et blessures, psychologique comme les brimades et les injures, sexuelle à l’instar du viol, des attouchements, de la pédophilie, l’abandon et/ou la négligence et le trafic humain que ce soit l’exploitation par le travail, par le travail domestique, l’exploitation sexuelle à des fins économiques, le mariage précoce et arrangé, l’adoption illicite, la mendicité et le trafic d’organes. Norotiana Jeannoda Randimbiarison ajoute que le domaine de l’enfance est très délicat et qu’il faut une action concrète et bien coordonnée pour que les résultats soient palpables.  Même si les travailleurs sociaux sont une goutte d’eau dans l’océan à Madagascar, chacun d’eux, de concert avec les organisations de la société civile, font leur maximum pour que chaque enfant ait l’opportunité de jouir de ses droits fondamentaux. 

Farah

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