Les sentiers secrets du corridor Angavokely-Ankadimanga

Angavokely et Ankadimanga, deux endroits du Vakiniadiana, se trouvant dans les communes de Carion et d’Ankadimanga, recèlent des histoires, des richesses naturelles et le corridor qui les relie, vous réserve des surprises.

 

Le circuit de randonnée Angavokely-Ankadimanga figure parmi les plus complexes de la région Analamanga. Le périple des guides et des randonneurs de l’Office régional du tourisme d’Analamanga (Ortana) commence à la station forestière d’Angavokely, à cinq kilomètres de la bifurcation à droite après le pont, sur la Nationale 2.

Puisqu’il s’agit de randonnée dans une réserve, il faut avoir une bonne force physique pour affronter les montées et les descentes. Les feuilles mortes humidifiées par les crachins rendent les sentiers du corridor glissants. C’est comme si les visiteurs reviennent à l’époque du Livre de la jungle et vivent l’histoire de Tarzan et Boy, mais à la façon malgache, c’est-à-dire, parcourir la forêt mais sans se déplacer au moyen de lianes. En revanche, les racines rampantes dissimulées dans les feuillages, piègent vos pieds et le moindre retard de réflexe vous fait tomber.

Les montées nécessitent parfois l’usage d’un bâton pour trouver appui. Lorsque vous marchez sur du plat, vous ne vous en servez plus. Dans les descentes, vous vous accrochez aux branches existant sur les deux côtés du sentier. Elles ont beau être lisses, avec des mousses et même épineuses, personne n’y fait plus attention. Chacun les prend afin d’éviter le carambolage.

« Le circuit Angavokely-Ankadimanga est complexe avec ses onze kilomètres de distance. On peut dire qu’il constitue un circuit destiné aux sportifs avec des montées aussi compliquées que les descentes. L’idée de randonnée proposée par l’Office allie bien-être, santé et trail. Le prochain rendez-vous des randonneurs aura lieu à Mantasoa où ils visiteront les vestiges des ateliers de Jean Laborde », fait remarquer Harimisa Razafinavalona, directeur exécutif de l’Ortana.

Durant les quatre heures de marche dans la forêt de pins et d’eucalyptus, tous les termes acrobatiques sont presque permis à part la culbute. On trébuche, on tombe, on glisse, on fait un grand écart et on s’égare également lorsqu’on perd le nord. Il faut toujours suivre la file indienne car si un randonneur se trompe de bifurcation, il lui sera difficile de rejoindre son groupe. Les quatre heures de marche résument bien les vues panoramiques et époustouflantes des villages vus d’en haut, le travail des muscles, des cuisses, du genou, de la jambe, des chevilles et même ceux des orteils qui ne sentent la fatigue que le lendemain.

 

Angavobe

Le pic de la région Analamanga

Environ à une heure du point de départ, les randonneurs arrivent au premier point de vue, à 1 600 mètres d’altitude. On déconseille à ceux qui ont le vertige, de tenter de monter l’escalier qui mène au sommet. De plus, le sentier rocailleux donne directement sur le vide et un faux-pas garantit un voyage en aller simple vers l’au-delà, sans aucune possibilité de retour. On redescend et on reprend le chemin pour atteindre Angavobe, le pic de la région Analamanga qui culmine à plus de 1 750 mètres. De là, la vue est plus que panoramique car elle vous permet de voir en large l’ensemble du Vakiniadiana.

 

Lavatsongomby et Andavabatomaizina

Des cachettes idéales

Le circuit Angavokely-Ankadimanga a une histoire qui date de la période coloniale. Le corridor héberge deux grottes appelées Lavatsongomby et Andavabatomaizina, des cachettes idéales pour ceux qui veulent jouer dans le noir. D’après le récit des guides, les deux grottes abritaient les fugitifs qui voulaient échapper à la rancœur de la reine Ranavalona 1ère et aux impacts de l’insurrection de 1947.

Lavatsongomby a une grande ouverture, mais au fur et à mesure qu’on y pénètre, elle se rétrécit et l’intérieur devient de plus en plus obscur. A environ cinq cents mètres de cette première grotte, se trouve Andavabatomaizina dont l’entrée se resserre.

« Andavabatomaizina avait offert un refuge parfait aux chrétiens qui fuyaient la persécution de la reine. L’intérieur ressemble à un espace de fête pouvant accueillir jusqu’à deux cents personnes. Le fond de la grotte servait de rayons où les fuyards entreposaient leurs provisions. Ils pouvaient ainsi circuler et dormir en toute sécurité dans cette grotte », raconte l’un des guides. Il faut ainsi emprunter le passage secret à partir des champs de rizière pour accéder au chemin menant à ces deux grottes.

 

Ankadimanga

Un site histo-touristique

Le corridor forestier aboutit au village d’Ankadimanga, un site à la fois historique et touristique. Il abrite le tombeau de la reine Ramiangaly, une des épouses d’Andrianampoinimerina qu’il avait courtisé à Ampolofoloalina. A l’entrée du village, le dobon-dRamiangaly – où le porc est interdit – offre un espace où les familles et les amis peuvent excursionner.


Farah

 

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site