Les flottants polluent la ville

Pollution urbaine inévitable. Qu’il soit résident inscrit dans un fokontany de la commune urbaine d’Antananarivo (CUA), ou qu’il ne fait que circuler dans la ville car habitant en périphérie, il déplore l’insalubrité qui ternit l’image de la capitale. Les ordures débordent des bacs, s’éparpillent sur les chaussées et dégagent une odeur insupportable.

Le premier magistrat de la ville, Olga Rasamimanana tient à clarifier que chacun en est responsable. « La commune devrait fonctionner avec un budget annuel de Ar 30 milliards alors que seule la moitié de cette prévision lui revient. Les moyens font ainsi défaut car sur 70% des contribuables, seule la moitié s’acquitte de ses impôts fonciers, des droits de voirie, des frais de permis de construire ainsi que des taxes du marché. La CUA fait de la magie parce qu’elle fonctionne avec les moyens du bord, pour satisfaire les besoins des citadins en matière d’infrastructures, d’accès à l’eau, de réseau d’assainissement et d’électrification. Je tiens à préciser que l’appui financier octroyé par l’Union européenne est destiné à l’assainissement des canaux et non au ramassage des ordures », lance-t-elle.

La première responsable de la municipalité explique qu’en général, l’Etat doit verser une dotation complémentaire de Ar 2 000 par habitant par an en faveur des 1,5 million résidents inscrits dans les 192 fokontany. Cependant, cette somme n’a jamais été versée dans la caisse de la commune, ce qui lui fait un gap de Ar 3 milliards par an.

 

Civisme

Avec plus d’un million de personnes qui circulent dans la ville, environ 100 000 migrants par an tous appelés « flottants », la ville d’Antananarivo enregistre un taux de croissance de 3,5%. Le numéro un de la CUA déclare qu’Antananarivo figure parmi les villes les plus sales du monde avec 700 à 1 200 tonnes d’ordures par jour. « En moyenne, un ménage produit une tonne d’ordures par an, mais ce sont surtout les flottants qui polluent la ville, sans compter les industries pollueuses non payeurs qui augmentent en nombre », poursuit-elle.

D’autant plus que la politique d’urbanisation qui date de 1930, ne répond plus à la croissance démographique. La politique d’autrefois prévoyait des infrastructures pour 400 000 habitants. C’est pourquoi elle a échoué dans la mesure où 60% des quartiers ne respectent plus les normes de construction conformes aux plans d’urbanisme directeur et détaillé. D’où l’abondance des constructions illicites et spontanées ainsi que des bidonvilles.

Les aînés des première et deuxième Républiques recommandent la réinstauration du civisme et de l’éducation à la citoyenneté pour que n’importe quel citoyen sache respecter les biens communs et ceux d’autrui.

 

Farah Randrianasolo

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