Lantoharitiana Ranoromalala

Formatrice chevronnée

Lantoharitiana Ranoromalala, gestionnaire et administrateur civil de formation, a décroché le premier prix au sommet régional de Gender Links en avril dans la catégorie alliance. Elle venait de soutenir brillamment son projet « Appui technique aux femmes candidates au niveau des communes ».

Ayant obtenu sa maîtrise en gestion, option finance et comptabilité, Lantoharitiana ne s'est pas arrêtée là. Elle a poussé encore plus loin son ambition et a décidé de poursuivre ses études à l'École nationale d'administration de Madagascar, à l'issue desquelles elle est devenue administrateur civil. Elle a occupé le poste de chef de service de la formation au sein du ministère de l'Intérieur, puis directrice de la formation, perfectionnement et recyclage des responsables territoriaux du temps du ministère de l'Aménagement du territoire et de la décentralisation.

« Toutes les instances connaissent l'importance de la décentralisation qui constitue une porte d'entrée à la participation de tous à la base. C'est ce qui m'a encouragée à sensibiliser les femmes à s'imprégner dans la gouvernance à base communautaire. Les communes manquent de femmes maires et conseillères, voilà pourquoi, j'ai élaboré le projet visant à augmenter le taux de participation des femmes à se porter candidates aux municipales, aux communales et au conseil », explique-t-elle.
Membre fondateur du comité d'experts de l'association des élus sensibles au genre et également secrétaire général adjoint du Conseil national des femmes de Madagascar, elle soutient que les femmes sont plus visibles et plus influentes lorsqu’elles occupent un certain nombre de postes. Les femmes sont plus susceptibles d’entrer et de rester dans la vie politique si elles disposent de modèles sur la scène politique.

« Selon l’argument démocratique, une représentation équitable des hommes et des femmes accentue la démocratisation de la gouvernance. L’absence de femmes nuit de ce fait à la démocratie. Pour obtenir une décentralisation effective au profit des femmes et donner les services dont elles ont besoin pour soutenir les programmes de lutte contre la pauvreté, les femmes doivent être capables de participer au processus de gouvernance locale en tant que candidates, élues locales, agents de l’État et en tant que citoyennes pour bénéficier de toutes les opportunités de prise de décision dans les processus budgétaires, de planification stratégique, de contrôle et d’évaluation des prestations de service et la mise en place des mécanismes de plaintes », défend-elle.

Elle reste persuadée que le ralliement 50/50 d'ici 2015 est loin d'être atteint, mais comme il y a un début à tout projet, il importe de commencer le processus à la base.

Andragogue
Le goût de l'apprentissage a gagné l'esprit de Lantoharitiana et cela l'a amenée à multiplier les formations tant à Madagascar qu'à l'École nationale d'administration à Paris pour devenir formateur. Développement local, leadership au féminin, gouvernance figurent parmi ses domaines de prédilection et à travers les formations qu'elle a prodiguées aux membres des collectivités territoriales, elle en a profité pour intégrer le thème transversal du genre. « Lorsque vous traversez des turbulences, il vaut mieux positiver la situation et cela devient une opportunité avec laquelle les autres valorisent vos compétences », renchérit-elle.
Fortement attachée aux préceptes des anciens, Lantoharitiana essaie d'apporter une lumière sur l'expression « Miteraha fito lahy, fito vavy ».

« En réalité, les grands-parents avaient la notion de parité. Selon mon analyse personnelle, le chiffre sept et la somme de 3+4. Le chiffre 4 désigne le « rindrin'efatra » et le chiffre 3 le « toko telo mahamasa-nahandro ». Si nous transposons cette structure à la vie politique, la participation des femmes avec les hommes garantit le développement. Nous, les femmes, nous avons une autre manière d’agir, d’envisager et d’analyser les problèmes parce que nous avons une éducation et une culture différente qui sont l’héritage de nos sociétés. J’encourage la participation féminine dans le processus décisionnel au niveau des collectivités territoriales décentralisées, la présence des femmes interpellera la conscience collective sur certaines questions d’importance car une gouvernance locale effective est celle qui influence des actions futures », énonce-t-elle.

Cette passionnée de cuisine passe son temps libre aux recherches. Elle lit beaucoup et surfe sur internet pour améliorer ses programmes de formation destinés aux panélistes issus de différents secteurs.
Lantoharitiana reconnaît l'immensité de la tâche qui attend les femmes. « Lorsqu’on regarde les avancées en matière de représentation des femmes dans les collectivités locales, leur rôle ainsi que les contraintes auxquelles elles sont confrontées, nous pouvons dire qu’il y a une lueur d’espoir à l’horizon. Nous sommes, en effet, d’avis que grâce à nos efforts combinés en vue de la promotion du leadership féminin, la participation à la vie politique et à la vie publique, les femmes auront désormais leur mot à dire et seront outillées pour influencer la gouvernance locale et contribuer à l’accélération du développement de notre pays », conclut-elle.

Elle ne cessera jamais d'encourager les hommes et les femmes à apprendre le B-A BA de la démocratie et de la citoyenneté. Ce sont les portes d’entrée à une meilleure prise en compte de l'approche genre dans la décentralisation et la gouvernance locale.

 

Farah Randrianasolo

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