Éléonore Johasy

Bosseuse et maniaque de l'ordre

Éléonore Johasy, ministre de la Population, de la protection sociale et de la promotion de la femme, possède de forts caractères. Malgré sa carrure mince et élancée, elle est une grande travailleuse.

Cette mère de trois enfants, originaire de Vangaindrano, a passé la  majorité de son enfance, de son adolescence et de sa jeunesse entre la  Grande île et l'Hexagone pour ses études. Elle n'oublie pas l'anecdote  de ses amis qui l'appelaient d'Éléosud 'elle est au sud) au lieu  d'Éléonore (elle est au nord) par référence à ses origines et cela,  aussi bien à Madagascar qu'en France.
Dans la partie sud de l'île, elle a conservé un fort attachement à la  culture. « J'ai eu la chance d'accéder à l'éducation. Dans la famille,  nous avons conservé la culture ancestrale en respectant les aînés, les  valeurs anciennes, les us et coutumes ainsi que l'anthropologie de  l'espace qui définit la place de chaque chose », précise-t-elle. 

Difficulté
Après l'obtention de son diplôme de maîtrise, elle est rentrée au pays  pour mener sa vie d'adulte faite de hauts et de bas. après l'échec de  son mariage, elle a dû chercher du travail pour subvenir aux besoins de  sa famille. « Comme tout le monde, j'ai eu des coups durs et des soucis  financiers mais j'ai pu me créer de belles occasions notamment, lorsque  installée à Madagascar et ne trouvant pas de travail, je me suis lancée  dans l'enseignement de la danse qui m'a ensuite ouvert les portes de  l'école française où j'ai pu enseigner par la suite. Je dois dire que ma  longue pratique de la gymnastique et de la danse depuis Madagascar  jusqu'en France durant mes études m'a alors grandement aidée.  Maintenant, je ne danse plus mais je marche au cours de belles  randonnées comme on ne peut en faire qu'à Madagascar », témoigne-t-elle.  Le  ministre se souvient encore de ses aventures dans le monde professionnel  en mentionnant qu'elle s'est battue dans la vie pour nourrir les siens  et pour être au rendez-vous avec les opportunités. Elle a travaillé  comme correctrice et pigiste à l'Express de Madagascar entre 1997 et  1998. « L'échec d'un ménage est très dur mais c'est avec plaisir que  j'abats le travail. Je quitte la maison le matin et rentre le soir pour  préparer le dîner des enfants. Je les enferme et je repars pour  travailler la nuit, partagée entre la rédaction et la correction  d'articles. Je termine vers 2 heures ou 3 heures du matin, un rythme  auquel je me suis habituée. Les gens ne me croiraient pas si je leur dis  que j'étais dans le gouffre. Mais grâce à une bonne volonté, à  l'acharnement, j'ai bénéficié des encouragements de mon entourage, des  amis, des collègues et des voisins qui ont volontairement assuré la  garde de mes enfants chaque nuit. N'érigeons pas des barrières et ne  faisons aucune autocensure pour favoriser la survenue de la chance et ne  pas rater lorsqu'elle se présente. Les gens aident et démontrons-leur  que nous avons de la détermination, cela les encourage à nous  soutenir », recommande-t-elle.

Ordonnée
Toujours prête à aller de l'avant, la mère de famille a multiplié ses  connaissances en se spécialisant dans la communication. Ce qui lui a  ouvert les portes vers le métier de consultante de 1998 à 2010 d'abord  dans le programme de la privatisation, en travaillant au changement de  comportement ce qui est le but de la communication stratégique, puis  pour d'autres réformes institutionnelles, en particulier celle du  foncier. Le développement du secteur privé est également l'un de ses  domaines de prédilection. Ce n'est donc pas par hasard en matière de programme pour la privatisation, de changement de  comportement, de la communication et des stratégies, celui de la réforme  institutionnelle, du foncier et du développement du secteur privé, de  1998 à 2010. Ce n'est donc pas un hasard si elle occupe le poste de  ministre. « Je l'ai voulu être et je suis au service du grand public.  J'ai agi et fait en sorte d'être perçue comme pouvant contribuer  utilement au bien commun », déclare-t-elle avec franchise. "Il faut  aller vers les gens et les comprendre, ce qui les préoccupe et ce qu'ils  attendent de vous", défend celle qui reste ouverte et accessible. Elle  dit qu'elle peut discuter de tous les sujets et c'est pour cette raison  qu'elle s'efforce de parler les dialectes tels que le Betsileo,  Betsimisaraka, Antesaka, Vezo... lors des tournées régionales. 
Passionnée de cinéma, de films et de spectacles, Éléonore Johasy  confirme être une casanière. « J'adore le canard, tout ce qui est fruit  de mer, les fruits, le dessert comme la mousse au chocolat, l'île  flottante, la crème brûlée et j'admire surtout les produits 'Vita  Malagasy'  d'une grande qualité, les gens qui exercent des petits  métiers qui font beaucoup avec de petites choses. J'aime faire les  courses sans escorte et je me précipite pour rentrer chez moi, y rester  et pour ranger », partage-t-elle avec un grand sourire. En somme, la  ministre importe dans son bureau l'ordre, le cadre et la propreté qui  règnent dans son domicile. « Je suis une maniaque de l'ordre. J'aime que  les choses soient à leur place et dans la règle de l'art. Cela va  jusqu'à l'ordre constitutionnel », souligne-t-elle. L'actuelle ministre  de la Population avoue vouloir apporter quelque chose pour le pays et  contribuer à l'amélioration des conditions de vie de ses compatriotes.

Farah Randrianasolo

(lu sur l'Hebdo de Madagascar)

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