Droits

Madagascar encouragé à investir dans l'accès universel à l'eau potable

Histoire poignante. Solo et Ze, deux jeunes filles du village d'Antsohobe, district de Betafo, dans la région Vakinankaratra, ont décidé de laisser tomber l'école parce que leurs parents respectifs les ont contraintes à aller chercher de l'eau à la rivière. La distance de 4 km entre le domicile et le point d'eau les fatigue. Conséquence : elles se blessent lorsqu'elles franchissent les chaussées glissantes, elles contractent la diarrhée car elles boivent de l'eau de source douteuse.

WaterAid International lance ainsi la campagne "To be a girl" pour mobiliser des fonds destinés à installer une borne fontaine pour que toutes les filles n'aient plus à aller chercher de l'eau là où elles s'exposent à plusieurs risques tels que le viol.

Anne Moutta, directrice régionale de Wash en Afrique occidentale, de visite à Madagascar, a rencontré le Premier ministre Roger Kolo, pour solliciter son engagement à atteindre l'objectif de l'accès universel à l'eau potable d'ici fin 2025. "Même si la population mange, accède aux services de santé, si elle n'accède pas à l'eau potable, elle ne pourra pas achever le réel développement. Nous collaborons avec des partenaires locaux, recevons des fonds de la part de particuliers et des bailleurs bilatéraux pour soutenir les familles à faibles revenus et aider les personnes vulnérables à vivre dans de bonnes conditions", explique-t-elle.

Elle souligne que Madagascar fait partie des pays qui mènent un programme ambitieux et cette sensibilisation sur l'accès universel a pour but d'influencer la SADC pour accélérer le processus. "Personne ne peut travailler seul. Il faut conjuguer les efforts pour activer cet accès universel car des millions d'enfants âgés de moins de 5 ans meurent de maladies diarrhéiques faute d'eau potable", insiste-t-elle.

 

Intersectorialité

45% de la population ne profite pas de l'eau potable et 15% des Malgaches n'utilisent pas des latrines hygiéniques. Douze millions de personnes, soit une taille de cinq personnes par famille, ne boivent pas de l'eau potable. "Il faut un budget de 1,5 milliard USD pour réaliser cet accès universel en 2025. Pourtant, le fonds alloué à l'eau s'estime à moins de 30 millions USD par an. Wateraid fournit de l'eau potable par le biais du système gravitaire, du forage, du traitement de l'eau en surface. Depuis 1999, nous avons pu installer trois milles points d'eau et nous intervenons actuellement dans les régions Menabe, Bongolava, Vakinankaratra, Analamanga, Alaotra-Mangoro et Atsinanana", ajoute Lovy Rasolofomanana, représentant de WaterAid à Madagascar.

Le Premier ministre félicite cet organisme international des efforts qu'il a accomplis jusqu'ici et reconnaît que le programme de l'eau n'est autre qu'un programme de vie. "2025, c'est dans onze ans et vous avez élaboré un programme important, ambitieux et rassurant. Le ministère de l'Eau s'insère partout, dans la santé, dans l'agriculture, dans l'économie et dans l'éducation. Il faut bien gérer l'eau pour que tous les Malgaches accèdent à l'eau potable. Nous sommes là pour vous aider", rassure-t-il.

L'intersectorialité commence bien pour WaterAid. Il a l'habitude de soutenir la manifestation "Dobodoboka" des scouts et cette année, il appuie la Journée nationale de nutrition (JNN) qui a été célébrée les 20 et 21 juin à Morondava. Il mise ainsi sur cette intersectorialité pour encourager les acteurs à prendre les dimensions multipartites dans leurs intervenons respectives comme la relation entre l'assainissement et l'éducation, l'hygiène et la nutrition, l'eau et l'environnement, ou encore l'hygiène et le milieu de travail.

 

Farah Randrianasolo

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