Droits humains : Les dirigeants cultivent la pauvreté

À Madagascar, la situation empire car la pauvreté creuse l'inégalité des chances entre les différentes classes sociales. Rasamoely Andrianirainy,présidentdelaConfédérationnationaledesPlateformesendroithumain(CNPFDH) pointe du doigt les juristes qui n'appliquent pas les lois, les politiciens et les dirigeants qui cultivent la pauvreté chez les citoyens.

"Ils portent atteinte aux droits à la vie. Les différents instruments tels que les conventions internationales, les textes et lois en vigueur adoptés ne profitent jamais aux Malgaches. C'est le droit à la vie qui est bafoué. Prenons le cas d'un salarié qui gagne Ar 100 000 alors qu'il doit s'acquitter de son loyer, de sa facture d'électricité, des frais de scolarité de ses enfants : comment réussira-t-il à vivre sans problème ? La hausse des prix des nourritures, la précarité de l'habitat, la dégradation de la nutrition, l'insécurité tant en milieu urbain que rural justifient ce non-respect au droit à la vie", martèle-t-il.

Il dénonce l'agissement des juristes qui profitent de l'ignorance des citoyens pour tourner les textes à leur avantage et qui cherchent tous les moyens pour se défendre. Le numéro un du Cnpfdh tire la sonnette d'alarme à l'intention des dirigeants et attire l'attention du grand public pour que des changements s'opèrent.

 

Expectative

Citadins et paysans se lamentent du non-respect des droits humains. Ils réfutent notamment le jugement des problèmes fonciers où ils ne gagnent jamais la cause.

"J'ignore d'où viennent les problèmes. Notre famille est impliquée dans un litige foncier parce qu'une autre famille s'est munie de papiers démontrant qu'ils ont droit sur nos terres, alors que nous détenons les documents originaux. Les nôtres ne sont-ils pas valables parce que nous sommes des campagnards et parce que nos adversaires possèdent plus d'argent pour acheter les responsables des services domaniaux ? Avec ou sans défense, nous ne nous laisserons pas faire", s'indigne Noëline Ramanantenasoa, agricultrice.

Cette productrice de maïs et de haricot a valorisé les terrains de ses ancêtres depuis plus de vingt ans. Ses adversaires veulent l'en expulser car ils envisagent d’y bâtir un complexe aux fins touristiques sur l'ensemble de la surface.

De son côté, Félix Andrianirainy, manutentionnaire, reproche au gouvernement de négliger l'éducation, base de tout développement. "Les autorités font de la propagande, pourtant ils ne réalisent pas leur promesse. Ils distribuent des T-shirts et des vivres, mais cela n'est pas suffisant pour le petit peuple. Ils construisent des écoles primaires sans penser au secondaire. Nos enfants qui ne réussissent pas au CEPE, seront contraints d'arrêter leurs études, faute de moyen pour leur scolarisation dans les écoles privées. Nous avons peur des enseignants qui ne veulent plus retenir les redoublants car pour eux, les passants sont prioritaires et si nos enfants ne sont pas les meilleurs, ils n'auront plus la chance d'aller à l'école, de réaliser leurs rêves d'enfant et surtout de faire mieux que nous. Ils ne voudront pas hériter notre travail, et faute de mieux, ils exécuteront n'importe quel travail qui ne correspond nullement à leur compétence", témoigne-t-il.

Veuf, il élève seul ses jumelles. Il appréhende l'avenir sans lendemain de ses enfants. Il loue toutefois leurs efforts pour décrocher au moins le diplôme du baccalauréat afin d’entrer à l'université.

 

Farah Randrianasolo

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