Droit

Les déshérités retrouvent la joie de vivre chez SOS Villages d’enfants

Pari tenu. En vingt-cinq années d’existence, SOS Villages d’enfants a réussi sa mission : aider les jeunes démunis à devenir indépendants.

Cette structure de SOS Villages provient du modèle créé par un médecin autrichien après la deuxième guerre mondiale. Celui-ci a ouvert un refuge et pris en main les orphelins et les enfants abandonnés. En 1989, le premier village de Vontovorona a vu le jour. « Nous avons ce qu’on appelle une structure d’accueil à long terme pour recevoir les orphelins, les enfants abandonnés et marginalisés après une enquête sociale approfondie. Nous adoptons une approche éducative spéciale permettant à chaque enfant de s’accepter, de se souvenir de ce qu’il a été et de voir loin lorsqu’il sera autonome. Pour cela, nous gardons le lien avec leurs familles car sans leur présence, nous n’atteindrons pas les objectifs », souligne Ramanantsoa Razanamaminiaina, assistante sociale.

Cette dernière admet la complexité de l’éducation et qu’il faut s’armer de volonté, de patience et d’amour pour l’achever. Elle précise que certains enfants fuguent quand ils traversent une période de crise et de nostalgie. Les éducateurs et les parents règlent les incidents en intensifiant la communication et l’accompagnement psychosocial.

 

Insertion

SOS Villages d’enfants mise sur l’éducation. et met à la disposition de ses pensionnaires le préscolaire, les niveaux primaire et premier cycle. Les collégiens qui réussissent à l’examen d’entrée en classe de seconde sont immédiatement inscrits dans les lycées publics, les autres rejoindront les lycées privés. « Certains jeunes concernés par la limite d’âge sont orientés vers la formation professionnelle. Ils choisissent entre les branches hôtellerie et restauration, puériculture de la petite enfance, maçonnerie, couture, plomberie et électricité, pépinière et jardinage, entre autres », cite Lalao Ratsimbazafiarinelina, animatrice de l’atelier français. En 2005 et 2009, l’association a implanté les écoles primaire et secondaire professionnelles de Mangarano (Toamasina) et d’Ivohitra (Antsirabe) pour prodiguer ces formations aux jeunes qui n’ont pas pu fréquenter le niveau du second cycle.

Autrement, les centres d’accueil du jour développe l’Action scolaire d’appoint pour Malagasy Adolescent (ASAMA), une classe spéciale qui aide les jeunes déscolarisés à préparer le CEPE. Entre 2004 et 2014, 1 295 enfants s’y sont inscrits et 1101 ont obtenu leur premier diplôme.

Trois cent cinquante-six jeunes trouvent déjà leur indépendance après leur séjour au village. Ils travaillent en tant qu’ingénieur, styliste, communicateur, employé paramédical, polytechnicien ou encore agriculteur.

Cette année, d’autres jeunes étudient dans diverses filières dont la majorité opte pour le tourisme, le travail social, l’informatique et les techniques industrielles. Bien que ces enfants aient connu une enfance difficile et malheureuse, ils se ressaisissent, relèvent le défi et brillent dans leur domaine de prédilection respectif, tel que la médecine, la gestion, le droit, la pédagogie et l’environnement.

Les jeunes diplômés, ou non, profitent du forum des métiers pour faire valoir leurs compétences. Les éducateurs leur ont inculqué la culture de la débrouillardise et de l’autonomie. Il leur appartient de chercher leur stage d’imprégnation et de postuler pour un travail. Pour SOS Villages d’enfants, l’insertion urbaine ou rural de ses protégés marque la réussite de sa mission. Il poursuit ce qu’il a commencé pour servir les droits des enfants les plus démunis en leur redonnant la joie de vivre et le sourire.

 

 

Félicie Rakotoarivelo

La doyenne des mamans du village

 

Félicie Rakotoarivelo qui a intégré le village en juillet 1990, est la plus ancienne des mamans. Le village abrite des maisons et chaque maison est tenue par une maman. Celle-ci joue à la fois le rôle de père et mère dans son foyer. « Je n’ai jamais pensé à me marier. Je me suis dit que ma vocation est de prendre soin d'enfants qui ne sont pas miens, mais qui ont perdu leurs mères. J’ai déposé ma demande et le village m’a embauchée. C’est un travail acharné parce que je m’occupe de dix enfants de différentes fratries à qui je donne amour et affection », témoigne-t-elle. L’administration du village donne un budget mensuel à cette maman et elle doit faire preuve d'une bonne gestion des finances pour que chaque enfant mange à sa faim.

Maman Félicie a déjà pris en main 19 enfants de sept fratries, l’un d’eux est devenu actuellement un pâtissier. Elle en est fière car son fils peut subvenir à ses propres besoins et aider les siens.

Rien ne lui fait plus plaisir que de rencontrer ses enfants accompagnés des membres de leur famille. « Ils viennent me voir le jour de la Fête des mères et à chaque fête du Village, et ils m’invitent si des événements spéciaux se produisent chez eux », poursuit-elle. Maman Félicie va bientôt partir à la retraite. Elle sent qu’elle a accompli son devoir et passe le flambeau aux jeunes pour garantir la continuité.

 

Elles témoignent

Nandrianina Randrianiaina, étudiante

« Je suis arrivée au village en 2000 à l’âge de 8 ans. Je me suis installée la première dans notre maison et lorsque les autres ont débarqué, je devais m’adapter sachant que nous appartenons à la même famille malgré notre différence. Je passe des moments agréables avec mes frères et sœurs et ce qui m’émeut le plus, c’est lorsque mon père vient à la maison le jour de mon anniversaire. Je garde de bonnes relations avec lui jusqu’à ce jour. J’étudie la pédagogie à Antsobolo et je ne sais pas encore si je vais enseigner ou tenir une école plus tard. ».

 

Rosa Fanomezantsoa, lycéenne

« Notre père nous a abandonnés. Nous sommes cinq frères et sœurs et j’ai intégré le village en 2010 quand j’avais 13 ans. Nous vivons tous dans la même maison. Au début, je trouvais l’ambiance étrange car je ne me suis jamais habituée à vivre avec d’autres personnes. Au fil du temps, j’ai découvert un autre climat convivial où les tontons éducateurs, les tantines et ma maman remplacent mes vrais parents et je fais partie d’une belle famille. Je suis encore au lycée, mais je rêve d'une carrière de médecin. »

 

Farah Randrianasolo

 

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