Dr Koytcha Firoze

L'humanitaire dans le sang

Comme celui du pasteur, c’est davantage une vocation qu’un métier. Le Dr Koytcha Firoze a  « forcé » le destin pour que son rêve se réalise. Le voilà acteur dans l'humanitaire à La Réunion et à Madagascar.

 

Karana zanatany de quatrième génération, dans l'esprit et, pourquoi pas, dans le sang. Le septuagénaire voit le jour à Madagascar, mais sa profession l'emmène si loin que pour rester connecté à sa terre natale, il vient de temps en temps dans la Grande île pour initier des actions humanitaires.

Né à Sainte-Marie en 1939, ce père de trois garçons et grand-père de six petits-enfants passe la majeure partie de son enfance et de son adolescence dans la région Atsinanana. "J'ai fréquenté l'école des frères de Saint Jean-Baptiste de La Salle à Toamasina, jusqu'au niveau secondaire. J'ai dû terminer mon second cycle à Antananarivo et j'ai passé mon baccalauréat au lycée Rabearivelo", se présente-t-il.

Après l'obtention de son passeport pour des études supérieures, le jeune homme effectue sa première année pré-médicale à Ampasampito. Au bout de quelques années, il s'envole pour Paris afin de poursuivre et parachever son doctorat en médecine générale et sa spécialité en chirurgie. Envers et contre tous, le médecin gagne son pari car son rêve devient réalité. Après ses études, il s'installe à La Réunion où il exerce jusqu'à ce jour le métier de chirurgien vasculaire. "Pour vous dire que c'était contre la volonté de ma famille qui voulait que je fasse du commerce. Je suis heureux d'être médecin, mais je suis encore plus heureux d'être humanitaire", poursuit-il.

Il raconte que bon nombre de ses compatriotes à La Réunion et lui-même constatent la détérioration de la santé à Madagascar et dans l'optique de redresser la situation, ils créent l'Association sanitaire Karana qui, plus tard, se change en Médecins de l'océan Indien. Sa première mission remonte à 1989.

 

Pionnier

Fort de ses expériences, le Dr Koytcha accomplit des miracles en réussissant la première greffe de reins à La Réunion en 1984 et tout l'océan Indien en est fier. Il ne s'arrête pas là. Il n'oublie pas sa terre natale et décide de voler au secours des Malgaches. D'où la mission sanitaire qui permet à plusieurs spécialistes et experts d'alléger la souffrance de millions de Malgaches.

Le chirurgien vasculaire admet que, malgré les difficultés et les diverses crises que le pays a traversées, il peut noter du progrès dans le secteur de la santé. "Les structures de santé dans les grandes villes, dans les provinces et dans la brousse se sont améliorées par rapport à la première mission où j'ai encore vu des seringues à usage unique bouillir au fond d'une casserole. Sinon, auparavant, un infirmier tenait à la fois le rôle du médecin et de la sage-femme et aujourd'hui, je vois un médecin, un infirmier et une sage-femme pour le compte d'un centre de santé de base. De plus, la formation médicale des équipes soignantes a considérablement évolué dans le bon sens", réitère le Dr Koytcha. Les structures, les équipes médicales performantes sont là, mais l'unique ombre au tableau reste le coût élevé de la santé qui n'est pas à la portée des paysans. "C'est trrop cher pour le petit peuple, la raison pour laquelle nous proposons des actions de santé gratuiets", insiste-t-il.

Du 31 mars au 9 avril, des missionnaires et spécialistes en cardiologie, en ophtalmologie, en gastro-entérologie, en médecine générale, en chirurgie, en dentisterie interviendront dans le district de Morondava dans le cadre de la 56e mission sanitaire de MOI à Madagascar où toutes les prestations seront gratuites, et ce sera également la 69e dans l'histoire de l'association. Une équipe fixe assurera les soins et les traitements dans la grande ville tandis que des équipes mobiles iront dans la périphérie et les zones rurales pour mener une campagne de sensibilisation à l'hygiène bucco-dentaire tout en s'occupant de la santé odonto-stomatologique.

À l'heure qu'il est, le Dr Koytcha devrait être à la retraite, mais pour l'amour de la médecine et du peuple malgache, il continue à exercer sa passion et réussit à transmettre à ses trois enfants le virus de l'humanitaire. Ces fils le soutiennent, notamment dans la logistique lors des missions sanitaires.

 

Volana Rakotoharimanana/ Farah Randrianasolo

(Lu sur l'Hebdo de Madagascar)

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