Des professionnels lancent le « pacte urbain »

Durant les campagnes électorales, presque toutes les sociétés civiles, les associations et organismes ont réclamé aux candidats la pertinence de leurs programmes. L’association des professionnels de l’urbain à Madagascar (APUM) poursuit son combat pour que le futur président de la république intègre les politiques de développement des villes dans son programme. Ces professionnels constatent que les différents acteurs, les dirigeants de l’Etat ainsi que les bailleurs ont oublié le développement urbain. L’Apum fait remarquer que « Tous les pays du monde qui sont devenus riches ses cinquante dernières années le sont devenues grâce à une économie urbaine, grâce à une industrie et des services qui ne peuvent fonctionner que dans des villes efficaces en termes de transport, d'équipements, de qualité de vie, de logement. Il est encore temps à Madagascar de réussir la transition urbaine du pays, chance unique puisque dans trente ans le pays sera largement urbanisé. Il est encore possible de construire ces villes qui seront les moteurs du développement et ou va s'inventer la société malgache du 21ème siècle ». D’où, sa proposition du « pacte urbain » lequel se transformera en engagement pour celui qui occupera le poste de Chef d’Etat. A travers une manifeste, l’Apum propose des mesures immédiates, la transparence et la meilleure gestion urbaine, les communes urbaines lesquelles s’allient avec, entre autres, la création d'une agence nationale d'urbanisme, la création d'une agence foncière urbaine, la création d'un ministère de la ville, le renforcement technique des communes et la révision de la liste des communes urbaines à partir des réalités du fonctionnement du territoire. Ce pacte urbain éclairera la réflexion des dirigeants de demain sur les questions de sécurisation des droits de fonciers en ville, le développement des industries, la facilitation des déplacements en ville et entres villes ou encore la mise en place des infrastructures de base.

Transformation
« C
omment allons nous enfin permettre à tous, notamment les plus modestes, à se loger décemment en ville, et fluidifier le marché immobilier ? Comment allons-nous améliorer l'accès à l'eau et à l'assainissement, avec la Jirama qui n'investit plus dans les réseaux depuis des décennies, et la gestion de déchets dans les aires urbaines ? Comment allons-nous gérer de vastes territoires urbains comme le Grand Tana ? Aujourd'hui aucune autorité réelle n'existe à ce niveau. Comment allons-nous préserver l’environnement, le patrimoine architectural, urbain et paysager de nos villes, déjà bien mal en point ? », s'enquiert Tsiorimanana Rasolofonarivo, chargé de mission après de l'assocition. Niry Rakoto, business woman, reste sceptiques face à la possibilité de transformation de la Ville des Mille. « À Antananarivo, je dirai que la métamorphose sera impossible à moins que la décentralisation ne se procède dans les autres grandes villes de Madagascar. L'urbanisation devrait être systématique en fonction de la croissance démographique, le flux des transports alors que ces études n'ont pas été effectuées à Antananarivo. Il faut donc prendre en compte tous ces paramètres pour réussir l'urbanisation », exprime-t-elle. Elle avance pourtant que cette urbanisation, un travail de longue haleine n'aboutira pas tant que les décideurs adhèrent à une politique durable permettant aux acteurs et à toute la population de vivre décemment dans leurs villes respectives.

Des engagements à prendre au sérieux

L'Apum juge que si les dispositions actuelles s'amplifient, la bidonvilisation sera d'ici quelques années ancrées au coeur des villes. Et les catastrophes économiques, sociales et environnementales suivront lesquelles empêcheront les Malgaches et le pays d'avancer. Les professionnels de l'urbanisme communiquent quelques solutions durables permettant aux dirigeants d'épouser un développement urbain exemplaire. Dans cette optique, l'Apum préconise la libération par l'Etat des terrains et bâtiments en ville qu'il n'occupe pas de manière efficace, pour en faire des parcs et des logements pour les habitants, la simplification des procédures pour acquisition immobilière et transfert des procédures au niveau local. Elle recommande également l'adoption rapide d'un nouveau code de l'urbanisme moderne et d’un code des collectivités territoriales, la publication sur internet, chaque année, de l'ensemble des dotations de l'Etat pour les communes et le recensement et publication sur internet de la cartographie du patrimoine foncier et immobilier de l'Etat dans les villes, et de toutes les transactions foncières de l'Etat. Par ailleurs, l'association exhorte le soutien aux grands projets urbains et de grands travaux en ville : rocade et tramway d'Antananarivo par exemple, zones d'extensions de l'urbanisation dans toutes les villes, zones industrielles, parcs d'activité, grandes infrastructures urbaines ainsi que l'appui aux communes qui lancent des agences de développement économique, pour attirer les investisseurs et les activités.

Farah Randrianasolo

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