Brian Donaldson

Un garçon dans le vent

Après la fermeture de l’ambassade de la Grande-Bretagne à Madagascar en 2005, l’ancien ambassadeur, Brian Donaldson renoue ses liens avec la Grande Ile en devenant parrain de Madagascar Development Fund (MDF).

 

Diplomate pendant plus de quarante ans, Brian Donaldson a tiré sa révérence à Madagascar après quatre années de service. Il lui a fallu quelques années pour se reconvertir et travailler en tant que simple citoyen. « La fermeture de l’ambassade m’a blessé , car c’était une décision absurde. Le gouvernement ne se rendait pas compte de l’importance des relations entre les deux pays. J’ai dit à l’époque que sa réouverture serait inévitable plus tard et voilà il y a dix-huit mois, elle fonctionne », raconte le diplomate.

Durant son mandat, le Britannique a mis en œuvre plusieurs programmes financés par le Department For International Development dont l’appui aux petits projets des communautés de base concernant l’éducation, le système d’adduction d’eau potable, les activités génératrices de revenus et la protection de l’environnement. « C’était une contribution à la stabilité économique et politique et la fermeture de l’ambassade supprime en même temps le fonds d’appui », souligne-t-il.

Depuis, il a pris sa retraite et confronté à un choix difficile: abandonner Madagascar ou poursuivre l’appui au développement. Trois ans plus tard, les anciennes employées de l’ambassade ont réuni leurs efforts ont créé une organisation non gouvernementale à but non lucratif appelé Madagascar Development Fund et Brian Donaldson en est actuellement le parrain.

 

Construction

Ce passionné de voyages fait remarquer que dans son travail actuel, la difficulté réside dans la recherche de fonds – qui est limité – , ce qui restreint les activités de l’ONG aux constructions d’infrastructures. « Différents partenaires allouent des fonds lorsque nous leur présentons les projets. Aujourd’hui, il existe des sociétés qui accordent des enveloppes. Nous recensons bon nombre de familles et de particuliers qui soutiennent les activités », renchérit-il. Ce dernier indique que certaines ONG imposent les activités à entreprendre au niveau des fokontany. Or, MDF s’adresse directement aux communautés afin de recueillir les besoins prioritaires.

L’organisation leur demande par la suite d’élaborer leurs projets et d’établir le budget avant toute soumission de dossier. « Nous avons un système de travail particulier en impliquant les bénéficiaires dans la réalisation de leurs projets. Nous ne sommes pas là pour donner des cadeaux, mais pour travailler avec eux afin de diminuer les coûts et surtout pour qu’ils créent leur fierté », s’exprime Brian Donaldson.

Dans les régions Analamanga, Bongolava, Itasy, Alaotra-Mangoro et Vakinankaratra, MDF appuie les projets de construction de nouvelles écoles primaires publiques, de centres de santé de base et l’adduction d’eau potable. En principe, un fokontany a droit à un projet pour que d’autres puissent aussi tirer profit des allocations. L’organisation mène à terme entre dix et vingt projets par an dans les zones d’intervention mentionnées. Elle choisit la proximité afin de minimiser les dépenses en termes de fonctionnement et de garantir le suivi des travaux.

 

Infatigable

Les diplomates, pour la plupart, rentrent chez eux pour passer une bonne retraite. Brian Donaldson reste lié à Madagascar. « Parce que j’ai bu l’eau de Manangareza », déclare-t-il avec un grand rire. Son mariage avec son ancienne collègue malgache ne fait que renforcer son amour pour les Malgaches. Il reste dans la Grande île, neuf mois sur douze et passe ses vacances d’été et Noël en Angleterre pour rendre visite à sa famille.

Malgré son âge, l'ancien ambassadeur parcourt le monde. Il confie que la diplomatie étant tellement saisissante, il travaille sans relâche et le travail est devenu son loisir préféré. Donc, il ne joue ni au bridge ni au golf. « J’adore ce que je fais car le travail me procure de la joie et de la satisfaction », confie-t-il.

Dans sa jeunesse, il a appris le travail sur le tas. Il a rejoint son premier poste en Algérie en tant que chef d’administration adjoint. Il a ensuite travaillé au sein de l’aviation civile de Londres pour atterrir finalement au ministère des Affaires étrangères. Il use toujours de ses compétences diplomatiques pour convaincre les grosses sociétés et industries étrangères de rendre aux Malgaches ce qui leur revient de droit. « En 2012, j’ai fait une présentation à Miami, une occasion pour faire un plaidoyer auprès des fabricants de sucreries et de biscuits qui puisent leur renom grâce à la vanille malgache. Je leur dis qu’ils gagnent plus qu’il n’en faut avec la vanille malgache alors que les populations des régions Sava crèvent de misère. ‘Vous avez gagné votre réputation, rendez aux Malgaches ce qu’ils méritent’. Une société canadienne a, par conséquent, financé la construction de toilettes et d’une aire de jeux à Sambava. Une autre a promis la création d’une école primaire dans la même ville », formule-t-il.

Ce parrain reste optimiste sur l’avenir de MDF et du réel développement de Madagascar. Il rêve qu’un jour, il recevra de la part de la fondation Bill Gates la somme de Usd 1 million pour pouvoir toucher davantage de communautés de base.

 

Farah Randrianasolo

 

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