Bebiarisoa Vololomihary Rajaonary : une artiste sans complexe

Avec une main et demi, Bebiarisoa Vololomihary Rajaonary, ou Chouchou pour les intimes vit sans complexe. Cette jeune femme, photographe amateur nous dévoile son autre facette : portraitiste talentueuse.

Née avec une malformation du bras gauche, Chouchou reste dynamique dans tout ce qu'elle entreprend. Le fait d'avoir huit doigts ne la dérange point. « À l'école, mes amis me narguaient car ils ont tous deux bras normaux et cela me rendait malade. Au fil du temps, je me suis habituée à leur moquerie et depuis l'obtention de mon diplôme de baccalauréat, je me promène sans problème avec mes deux bras », raconte-t-elle avec fierté. Après les années de lycée, Chouchou a étudié le management dans un établissement supérieur privé er après avoir décroché sa licence, elle travaille en partenariat avec sa grande soeur.
Elle est responsable de terrain dans la production d'huiles essentielles dans les campagnes de Mahanoro et de Mahatsinjo Ambatondrazaka. « Je cultive du ravintsara, du gingembre, du curcuma, de la baise rose, du girofle, de la muscade, du combava et d'autres épices. Je laboure la terre et plante des pieds de ces espèces », poursuit-elle. Dans la vie quotidienne, elle fait la lessive, la vaisselle et conduit convenablement la voiture.
Mariée, elle mène une vie paisible dans les champs embaumés de multiple parfum des forêts de ravinala et de plantes aromatiques. Son mari intervient également dans le secteur et des épices et il arrive des fois où il accompagne Chouchou dans ses activités.

Talentueuse
En 2007, Chouchou avait un ami étranger et ce dernier lui a fait découvrir la beauté de la photographie. Avec son appareil numérique compact, elle a réalisé de magnifiques clichés. « J'aime surtout shooter des portraits de bébés, de nourrissons et d'enfants car ils ne pensent pas aux gestes. J'aime ce qui est spontané, instantané et le moment présent d'un geste et d'une émotion. Mais cela ne m'empêche pas de prendre d'autres photos de la nature », explique-t-elle. Même amateur, Chouchou prime la qualité dans ce qu'elle fait. « Ce n'est pas mon travail, je ne suis loin d'être une professionnelle. La photographie reste une pure passion », confie celle qui rêve un jour publier un catalogue sur Madagascar. Puisqu'elle se déplace, elle a pu prendre diverses photos et entend concrétiser un genre de magazine empli de photos légendées. Elle escompte faire découvrir son pays à travers ses chefs d'œuvre inédites.
Derrière son visage calme se cache une autre artiste. Elle est dessinatrice et portraitiste. Elle tient ce talent de son grand-père et son père, tous deux dessinateurs. Elle exploite tous les crayons tels que la pierre noire et toutes sortes d'estompage. Elle a réalisé près d'une cinquantaine de portraits qu'elle a partagée gracieusement aux modèles. « J'ai eu Eric Ramilison comme mentor. Il m'a indiqué les techniques requises et avec beaucoup de pratiques, je m'en suis sortie. Cependant, je n'ai jamais pensé à organiser une exposition de mes œuvres. Peut-être que ça viendra plus tard », relate-t-elle.
Après le baccalauréat, Chouchou a toujours voulu étudier et approfondir ses talent dans un institut des Beaux Arts à l'étranger parce qu'à Madagascar, ce genre de structure fait défaut. Elle s'est contentés des moyens locaux pour valoriser ses dons.

Farah Randrianasolo

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