Association cultuelle

Charlatanisme, manipulation ou lavage de cerveau ? Pour l'heure, le ministère de l'Intérieur recense 165 associations cultuelles agréées. Certaines d'entre elles, faute de récépissé, continuent à rassembler des ouailles, pourtant elles ne possèdent que l'autorisation d'ouverture d'une chaîne radio et non un arrêté d'ouverture d'un édifice servant de lieu de culte. « L'autorisation de diffusion d'émission émane du ministère de la Communication et l'arrêté de constitution d'une association cultuelle est ordonné par celui de l'Intérieur », explique Thierry Rakotonarivo, directeur de cabinet du ministère de l'intérieur. A entendre ce responsable, il semble que des gourous usent des autorisations issues des autres institutions pour mener la croisade. Une grande bâtisse sise dans le cinquième arrondissement titille les passants car en apparence, elle ressemble à une église. Le ministère de l'intérieur ignore l'existence de ce bâtiment ainsi que l'affiliation de l'association cultuelle qui l'a édifiée. « A mon avis, ce sont les dissidents des quatre grandes églises catholique, protestante, luthérienne et anglicane qui s'éparpillent dans les quatre coins de l'île et fondent ces petites églises dites évangéliques. Mêmes les maîtres spirituels détestent qu'on les appelle sectes alors qu'ils sont à l'origine des divorces, des mésententes et scissions entre familles, des enrichissements illégaux ainsi que du trafic d'influence. Lorsqu'ils disent qu'ils sont capables de faire des miracles et résoudre les problèmes financiers, là c'est une véritable manipulation », martèle Sabine Rasolomampionona, une habitante d'Ambaranjana, déjà victime d'arnaque divine. Des irrégularités planent, cependant, le ministère de l'intérieur essaie de raisonner les membres des conseils d'administration des associations cultuelles pour qu'ils règlent les conflits et les contestations entre eux. Avec la tension actuelle, Benjara Rafidisoa, un croyant miraculé et pratiquant fervent atteste que les petites églises qui voient le jour apaisent l'inquiétude de la population. « Tout un chacun a besoin de repère. S'il juge que l'association cultuelle à laquelle il s'affilie lui procure ce dont il a besoin, je ne vois pas où est le mal. Seulement, il faut être vigilant car des fois, lorsqu'on est trop aveuglé, on ne sait plus si on vend âme pour Satan. Gare aux publicités alléchantes et mensongères », insiste-t-il. Moralité : il appartient à chacun de choisir ce qui le met à l'aise et de distinguer l'ivraie de la bonne semence.

 

Farah Randrianasolo

(Lu sur l'Hebdo de Madagascar)

 

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