Assainissement

Lentement mais sûrement... Le site de décharge des ordures ménagères sis à Andralanitra se métamorphose petit à petit depuis le mois de janvier. « Nous avons effectué les études topographiques, les sondages et les études préliminaires sur l'ensemble du site et les trois villages voisins d'Ambaniala, d'Ampasika et d'Antaninarenina », expose Hobby, conducteur de travaux auprès de la société Colas.

Les travaux de sécurisation d'un coût total de Ar 4 158 793 631,40, comprenant la clôture du site de décharge de 19 hectares, l'assainissement (installation d'évacuation d'eau et de drainage), l'adduction d'eau potable dans les trois villages, l'ouverture d'un accès desservant les habitants des trois villages ainsi que les voies d'accès des camions s'échelonnent sur onze mois. Toutefois, cette coordinatrice du projet de sécurisation expose que la résistance des usagers du site, les facteurs climatiques et la sécurité ralentissent les travaux. Une appréhension confirmée par la présence sur les lieux d'une quadragénaire, venue chercher des objets, restes de nourriture qu'elle pourrait récupérer. « Nous sommes venus ici pour chercher de l'argent », annonce-t-elle d'un ton amer.

Les bulldozers, les pelles à chenille, les niveleuses, les pelles pneumatiques et les tractopelles circulent et travaillent ainsi au rythme des hommes, femmes et enfants qui se précipitent sur les déchets déversés des convois, ignorant les dangers qui les guettent. Landy Faniry, une mère de 21 ans, confie que ce site de décharge est toute sa vie. « Je suis ici depuis que j'ai eu neuf ans. Je cherche des débris de charbon et d'os ainsi que des avantages (capsules et bouchons) pour le revendre », souligne-t-elle. En tout, elle gagne jusqu'à Ar 9 000 par jour quand le « marché » prospère. Dans le cas échéant, elle empoche Ar 400 dans la journée.

La société Colas compte organiser une formation à l'endroit de mille personnes, les usagers du site, comme on les appelle. Une formation en matière de maçonnerie, d'agriculture et d'élevage afin de les offrir un travail décent. Par ailleurs, la Cua, grâce à son projet de valorisation de déchets entend trouver une meilleure alternative quant à la gestion des ordures. « Dans un premier temps, les bénéficiaires seront redéployés pour assurer le tri des matières premières et la transformation sera confiée aux sociétés intéressées par l'usinage des déchets triés », argue Niry Rasamoelimihamina, directeur du Service Autonome de Maintenance de la Ville d'Antananarivo (Samva). La réussite de cette sécurisation dépend de ce fait de la volonté des squatters du site à abandonner leurs habitudes, pour certains. Leurs emplois, pour d'autres.

 

Farah Randrianasolo

 

(Lu sur L'Hebdo de Madagascar)

 

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