2013 : Année d'amertume

2013 rude pour tous. Les familles, les individus et mêmes certaines entreprises n'ont pu relever leur tête depuis janvier jusqu'à ce jour.

"Aurions-nous la chance de nous en sortir l'année prochaine?"- "Le pouvoir d'achat s'améliorera-t-il?"- "Tout le monde mangera-t-il à sa faim?"- "Combien de cyclones y aura-t-il?"- "Les actes de banditisme se réduiront-il?"- Telles sont les différentes questions qui fourmillent dans la pensée des hommes et des femmes au quotidien. Ils souffrent en silence sans pouvoir crier "au secours" et s'ils l'ont fait, personne ne les a entendus. Ils dressent en conséquence le bilan de la faillite, de la précarité et du désespoir.

Avec le nouveau président de la République élu, tous aspirent à un nouveau souffle comme la venue du Messie célébrée chaque Noël. Les enquêtes, les recherches et les études ne divulguent jamais de résultats positifs. Soit les publications annoncent un fort taux d'échec, soit une faible proportion d'aboutissement comme "neuf Malgaches sur dix sont pauvres", "moins de deux personnes sur dix (14%) ont accès à des infrastructures d’assainissement améliorées", "31,7% des adolescentes ont déjà été enceintes ou sont déjà mères" ou encore "48% de retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans".

Bref, Madagascar n'occupe jamais le meilleur rang au classement mondial à l'exception du fait qu'il figure dans le Top 10 des pays vulnérables aux aléas naturels.

 

Sous emploi

La volonté, la clé qui ouvre les portes

 

Les promesses de création d'emplois ont suscité la confiance chez les adultes qui ont perdu leur travail après 2009. Face aux jeunes fraîchement diplômés qui n'arrivent pas à trouver du travail, le taux de chômage grimpe d'année en année. "Le foisonnement des marchands ambulants dans les rues de capitale démontre bien la difficulté de tout un chacun. Ces derniers ne cessent de vous dire qu'il vaut mieux choisir ce métier que de voler. Ils n'ont pas tout à fait tort sur un point, mais le fait de nuire à l'ordre public comme investir les chaussées, jeter les emballages partout gênent notre civisme. En réalité, ce genre de commerce profite surtout aux importateurs étrangers qui écoulent leurs produits sur le territoire", fait remarquer Andrianina Raveloson, couturière qui a monté son propre atelier et qui fait ses achats de fournitures en ville.

Les statistiques dévoilent qu’entre 400 000 et 500 000 jeunes arrivent tous les ans sur le marché du travail, mais tous ne répondent pas au profil requis par un poste.

Cette jeune créatrice conseille aux jeunes de se regrouper au sein d'une coopérative et de monter ensemble un projet s'ils désirent rester actifs. "C'est le sous-emploi qui nous frappe. L'adéquation formation-emploi aussi fait défaut parce que la plupart du temps, si un étudiant a décroché un diplôme, il tente de répondre aux annonces dans les journaux juste pour satisfaire la mention bac+3 ou bac+4. Ils n'ont ni expérience ni compétence, mais juste la qualification et s'aventurent dans un domaine qu'ils ne maîtrisent pas. S'ajoute à cela le problème de salaire. Il n'est pas surprenant de voir les jeunes se convertir dans une activité qui ne colle pas à leur parcours", ajoute-t-elle.

Raveloson raconte brièvement qu'elle a eu sa licence en gestion et comme elle est douée en coupe et couture, elle a choisi de s'impliquer dans la confection et de mettre en pratique ses acquis en gestion pour travailler à son compte. Elle affirme que son business vivote mais lui permet de gagner le minimum.

Pour cette jeune femme, tout est question de volonté, de la part de l'État et des jeunes qui doivent saisir les opportunités qui se présentent devant eux. Elle félicite les jeunes ambitieux qui percent l'international pour la recherche de bourses d'études, mais critique les élites vivant à l'étranger qui devraient booster la croissance de leur nation.

 

 Éducation

La lutte contre l'abandon scolaire dans le sens inverse

 

L'Unicef évalue à 1,5 million le nombre d'enfants concernés par l'abandon scolaire et le taux a augmenté de 5,5% entre 2008 et 2011. En août, le ministère de l'Éducation nationale a lancé le Plan intérimaire pour l’éducation 2013-2015. Le plan a pour objectif de "maintenir l’accès des enfants malgaches à l’éducation primaire et d’éviter la déscolarisation. Le ministère de tutelle et ses partenaires tels que l'Union européenne, la Norvège et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) ont déployé leurs moyens pour réduire le taux d'abandon scolaire. Il y avait eu la distribution de kits scolaires en faveur de plus de 4 millions d'élèves à travers l'île.

Cette initiative, fort louable, résout partiellement le problème sachant qu'il est question de l'éducation primaire. "La bataille est perdue d'avance parce que les familles rencontrent aussi le problème d'insécurité alimentaire. Ce ne sont pas toutes les écoles primaires publiques (EPP) qui possèdent une cantine scolaire. Lorsque les enfants manquent de nourriture à la maison et qu'ils ne peuvent pas non plus manger à l'école, deux choses arrivent. Un, la carence alimentaire favorise l'échec scolaire car ils n'ont pas la force de tenir le coup à l'école. Deux, les parents sont tentés de les assigner à un travail pour renforcer la caisse familiale et l'abandon scolaire, à ce moment, est forcé", fait remarquer Onjatiana Andriamazava, gérant d'une boutique multiservice.

Tolotra Razafimahandry, technicien de laboratoire, ne fait que dramatiser la situation de l'éducation. "À mon avis, l'enseignement de base comporte le niveau primaire et les deux cycles du secondaire. Si dans un fokontany, il existe huit EPP, dans une commune, il devrait y avoir au moins cinq Collèges d'enseignement général et trois ou quatre lycées. Ce manque d'infrastructures handicape le système scolaire et c'est pour cela que les écoles privées ouvrent leurs portes, mais la qualité de l'enseignement dans ces établissements se base sur la publicité mensongère", regrette-t-il.

Le jeune homme critique également le faible niveau d'instruction des enseignants Fram qui se répercute sur le niveau des apprenants. "Nous ne savons pas jusqu'à quand cette faiblesse durera, mais vu les différentes grèves concernant les indemnités et les subventions, les élèves ne voient que le mauvais exemple dont ils s'inspireront plus tard", ajoute-t-il.

 

Les aides salvatrices des partenaires étrangers

 

S'il n'y avait pas les aides des partenaires étrangers, Madagascar aurait sombré dans l'abysse de la pauvreté. L'Union européenne alloue des enveloppes colossales pour financer des projets de santé, d'éducation et d'infrastructures. Les organisations et fonds des Nations unies ainsi que les organismes internationaux font pareil pour soutenir l'éducation, l'environnement, l'eau, l'hygiène et l'assainissement, l'agriculture, l'alimentation et veiller au bien-être de la population. Plusieurs gouvernements étrangers utilisent aussi leurs ressources à travers leurs agences respectives pour faire tourner le moteur de la santé, de l'artisanat, de l'enseignement supérieur, de la sécurité. Le gouvernement fait de son mieux pour rendre la vie des Malgaches meilleure, mais l'inégalité de chance et la disparité s'installent toujours entre zones urbaines et rurales, puis entre toutes les classes sociales. Les Malgaches croient en leurs potentialités et espèrent qu'un jour au l'autre, ils parviendront à mettre KO la pauvreté qui avarie leur vie.

 

Farah Randrianasolo

 

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