Zafimahaleo Rasolofondraosolo

« Soyons redevables à notre terre, mère nourricière »

Zafimahaleo Rasolofondraosolo, artiste connu sous le pseudonyme « Dama » interpelle le grand public de renouer avec la terre qu’il appelle « Renibe ny tany », une manière de lui témoigner de la reconnaissance.

 

Que pensez-vous du concept « environnement » ?

Lorsqu’on parle d’environnement, certaines personnes se réfèrent au monde qui se trouve à son extérieur. Elles disent ainsi « il faut protéger l’environnement et les forêts ». Ce sont surtout les citadins qui s’excluent de l’environnement alors qu’ils font membres à part entière de la nature en étant un des éléments participant à l’équilibre de l’écosystème. S'ils détruisent l’environnement, ils sont responsables du déséquilibre. En ville, l’environnement arbore l’image de pollution urbaine, d’odeurs nauséabondes causées par les fumées de voitures et les ordures qui s’éparpillent. Tandis que dans les forêts, l’exploitation minière et la coupe d’arbre diffuse une image négative. En somme, les citadins, animés de l’esprit de consumérisme, ruinent l’environnement car ils utilisent davantage les charbons de bois sans se poser des questions d’où viennent-ils.

 

Quelle stratégie pourrait-on développer pour conscientiser la population à s’impliquer dans la réanimation de l’environnement ?

L’éducation devrait passer par les enfants. Je me souviens de notre époque où nous étions en contact permanent avec la terre. Nous pouvions sentir la terre, notre instituteur nous indiquait comment utiliser une loupe pour observer les vers de terre et nous enseignait les compositions de la terre, les différentes sortes de roches et les micro-organismes se trouvant dans la terre. J’en déduis que la terre est la source de notre vie. Soyons alors redevables à notre terre, mère nourricière car elle donne le riz, les fruits et légumes qui nourrissent l’homme. Nous devons en retour respecter l’aliment qu’elle nous procure et prendre soin de la terre. L’homme est tellement cupide qu’il oublie la valeur de la terre et ne pense qu’à la consommation et à l’échange commercial où il cherche du profit.

 

Vous êtes auteur-compositeur, comment mesurez-vous l’impact de vos chansons ?

Il est sérieux que le grand public écoute les mélodies et les paroles. S’il écoute c’est qu’il reste concentré sur ce qu’on lui dit. Les chanteurs jouent un rôle majeur dans l’interpellation. Ils exhortent la population à être éveillée, à se poser des questions et à tirer des leçons. Côté environnement, c’est pareil, une chanson conseille tout le monde de revenir à la première source : la terre. L’homme qui est à la fois une menace et un danger pour la terre doit de ce fait lui remettre toutes les ressources qu’il a puisées. De nos jours, c’est l’économie qui place l’homme en tant que produit de consommation et il n’est pas surprenant de découvrir l’air que nous respirons fait l’objet de commerce.

 

Y a-t-il des points sur lesquels vous voulez insister ?

Ne négligeons pas les dimensions physiques et culturelles de la terre. Nos ancêtres reconnaissaient la portée de la valeur de la terre en exprimant « Ny vato aza nahitana soa nohosora-menaka », ce qui signifie que nous devons apporter tout notre amour à la terre. Au lieu de dire « protégez l’environnement », il serait convenable de dire « faisons quelque chose pour la nature » ou « améliorons notre environnement » pour faire sentir à l’homme qu’il est au centre de la préservation

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Propos recueillis par Farah Randrianasolo

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