« Se fier à plusieurs sources pour recueillir de bons éléments »

 

Consultant formateur dans le programme de formation « Preserving Madagascar’s naturel resources », Louis Rasamoelina décortique la longue démarche d’une bonne investigation.

 . Parmi les genres journalistiques, pourquoi dit-on que l’investigation est la plus compliquée ?

Qui dit investigation dit dévoiler ce qui est secret. Le journaliste cherche la vérité et l’investigation est très risquée dans la mesure où le travail ardu gêne les intérêts des trafiquants. Pour y parvenir, le journaliste doit agir en recourant à des techniques spéciales mais conformes aux normes professionnelles et l’éthique.

 . De quelle manière un journaliste pourra-t-il réussir une bonne investigation ?

Il doit identifier les sources et se fier à plusieurs d’entre elles pour recueillir de bons éléments car les informations divulguées par les forces de l’ordre ne suffisent pas. Il a intérêt à créer des réseaux de sources et adopter un langage proactif pour gagner la confiance de ses relations. La démarche relationnelle et le langage proactif orientent l’investigateur vers l’accès aux sources.

. Quelles sont les autres démarches à suivre pour l’investigation proprement dite ?

Après une bonne documentation préalable, le journaliste se rend sur place, observe et commence à questionner la population locale, car elle peut témoigner surtout lorsque les organisations non gouvernementales et les associations ne leur sont pas d’une aide précieuse. Lorsque les témoins comprennent où le journaliste veut en venir, ils acceptent de révéler les choses.

. Les sujets sur la nature, l’environnement, la faune et la flore n’intéressent pas trop souvent les auditeurs, les lecteurs et les téléspectateurs. De quelle manière le journaliste pourra-t-il rendre son récit attractif ?

Seules les nouvelles accablantes attirent l’attention de l’audience. Le journaliste doit avoir en tête qu’il produit une histoire passionnante. En premier lieu, il dramatise pour pouvoir captiver la concentration de son auditoire. Puis, il humanise son histoire en mobilisant des acteurs. Si nous prenons le cas du tarissement des sources à Antsiranana, le journaliste doit démontrer les faits que la coupe d’arbres dans les forêts environnant les sources est flagrante. Il évite les discours et entre dans le vif du sujet en mettant en scène le tarissement des sources et la population souffrant du manque d’eau. Il situe les problématiques et énoncent les solutions qui dénouent la situation.

 Propos recueillis par Farah Randrianasolo

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site