« Les lémuriens, agents de dispersion des graines »

Le parc naturel de Makira offre un lieu de conservation idéal aux lémuriens. Ces derniers, d’après le Pr Jonah Ratsimbazafy, secrétaire général du Groupe d’études et de recherches sur les primates de Madagascar (GERP), sont des agents importants dans la dispersion de graines.

 

. Le GERP a contribué au projet Makira appuyé par la fondation Mac Arthur. Quel bilan pouvez-vous dresser en ce qui concerne vos réalisations ?

En neuf ans, nous avons pu parcourir Makira en long et en large pour entamer des études et des recherches. A partir de notre bilan de réalisation, nous avons pu dresser un plan de conservation des lémuriens. Nous pensons que ces espèces méritent d’êtres protégées pour ne pas disparaître comme les aepyornis. Le GERP a pu découvrir plusieurs espèces de lémuriens, dont des microcèbes. Il existe encore des richesses enfouies et des trésors méconnus, mais nous allons nous pencher sur le suivi du projet et de la capitalisation de tous les acquis.

 

. Bon nombre de personnes ne comprennent pas l’enjeu de la conservation des lémuriens. Expliquez-nous davantage les raisons de cette conservation. 

Des communautés chassent des lémuriens. La viande de ces primates finit dans les marmites des gens ou est fumée. Jusqu’ici, il nous est difficile de compter le nombre d’individus abattus, mais en collaboration avec les populations environnantes des forêts, nous menons une sensibilisation pour que la chasse aux lémuriens cesse. Si nous considérons les bois de rose exploités de nos jours, ce sont les lémuriens qui les ont reboisés il y a des millions d’années. Ces bois précieux ne sont point l’œuvre des humains. Les lémuriens assurent le rôle d’agents de dispersion de graines et de pollinisateurs. Ils tiennent une place prépondérante dans l’écotourisme, dans le travail des guides, dans l’hôtellerie et surtout dans la conservation des forêts.

 

. Quelles grandes menaces pèsent sur les lémuriens et que faut-il faire pour que la conservation perdure ?

Outre la déforestation et les feux de brousse, l’exploitation aurifère perpétrée par des exploitants illicites détruit également l’habitat de ces primates. Certes, des communautés de base délimitent des territoires tabous, mais des migrants qui pénètrent dans les zones protégées, chassent et consomment les animaux. En matière de conservation, il faut encore un fonds de USD 7 millions environ. Le plus important est d’encourager les jeunes, les chercheurs, les dirigeants, les médias… à prendre en compte l’ampleur de leur engagement dans la protection pour que les activités aient plus d’impacts à tous les niveaux.

 

Propos recueillis par Farah Randrianasolo

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