Questions à Narisoa Andoniaina
« Les feux se déclarent volontairement et involontairement »

. L'année dernière, le budget alloué à la lutte contre les feux de brousse avoisinait un milliard d’ariary. Cette année, la somme a été réduite de moitié. Comment arrivez-vous à travailler dans ces conditions?
En général, le budget se répartit au niveau des directions régionales de la forêt (Dref). Le Madagascar National Parks, en tant qu'agent d'exécution, a ses propres moyens pour gérer les activités dans les parcs nationaux. Nous ignorons pourquoi le budget de cette année a diminué, peut-être à cause de problèmes financiers de l'État. Nous nous rendons compte que cela a une mauvaise répercussion sur notre travail.

. Quel bilan avez-vous établi en 2012 et quelles ont été les failles?
Malgré la situation critique, nous pouvons dire que les résultats ont été satisfaisants même si les équipes n'ont pas pu atteindre l'objectif maximum à cause du manque de ressources humaines et de moyens financiers. Les techniciens au niveau des cantonnements et des fokontany font défaut. Les Dref doivent maintenant collaborer avec les gendarmes, les militaires et les habitants pour gérer les feux de brousse. Tous les problèmes émergent lorsque les techniciens et les communautés de base ne disposent pas de ces moyens. Si les forêts prennent feu dans les montagnes, comment les habitants pourraient-ils y aller dans les meilleurs temps? Les Komitin'ny ala sy ny tontolo iainana et le Komity miady amin'ny doro tanety appuient les techniciens dans la lutte, mais ils sont encore vulnérables sans les moyens efficaces.

. Comment les feux se déclarent-ils dans les forêts et leurs environs?

Ils se déclarent volontairement et involontairement. Un passant qui jette son mégot par terre, des bouviers qui ont oublié d'éteindre leur feu de camp sont autant de sources de feux. Il suffit qu'il reste une petite étincelle et le vent ravive cette flammèche transformant le petit feu en une fournaise. Parfois, cela peut être le fait d’un pyromane ou d’une personne mécontente et ils se défoulent en brûlant les arbres ou les savanes.

. Dans quelle mesure le « dina » se révèle-t-il efficace?
Le « dina » ne s'applique pas convenablement, surtout lorsqu’il n'a pas été approuvé par le tribunal, donc aucune homologation. Au niveau des fokontany, les habitants vivent encore avec le système de « deux poids, deux mesures », car si elles savent que le fils d’un tel a été pris en flagrant délit, les autorités locales n'osent pas le sanctionner car elles subissent un trafic d'influence. L'état d'âme et le sentiment entrent en jeu et cela ne fait qu'envenimer la situation.

. Un dernier message?
La lutte contre les feux de brousse implique toutes les institutions. Le ministère de l'Environnement et des forêts n'en est pas l'unique responsable. Cette lutte engage également d’autres, tels les mines, la décentralisation, la défense, la gendarmerie et la police, les transports, l'agriculture et l'élevage, l'eau et la population. Si tous travaillent dans la synergie en éduquant la population sur les dangers des feux de brousse, nous serons en mesure de les prévenir, car il nous est difficile d'incriminer un inconnu qui pourrait être à l'origine des feux.

Propos recueillis par Farah Randrianasolo

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