« Motivation, Sécurité Alimentaire, Production en quantité et en qualité, Infrastructures, pour le développement rural ».

Le Directeur Interrégional du PSDR Boeny Betsiboka, Fihaonantsoa Ramanamandimby a expliqué lors d'une entrevue l'importance de l'aménagement et de la gestion des ressources halieutiques.

UCOM Boeny : Pourquoi avoir organisé cet atelier portant sur le plan d’aménagement et de gestion des ressources naturelles utilisées par la filière pêche la semaine dernière à Namakia ?

Fihaonantsoa Ramanamandimby : «  La Région Boeny possède un atout considérable en matière de produits de mer et produits halieutiques en général. Elle assure les 75% de l’approvisionnement du marché national. Cependant, les côtes ne sont pas protégées et les ressources sont surexploitées pour ne pas dire sauvagement exploitées. Il importe alors de sensibiliser toutes les  parties prenantes à la pêche et à l’exploitation des côtes et de la mer. Nous avons dans un premier temps, choisi, de faire connaître aux pêcheurs et exploitants des 130 km de côte allant de Soalala à Katsepy, les avantages d’une bonne gestion des ressources allant de la gestion des lieux de ponte, de pêche, à la qualité des produits à pêcher, le respect du calendrier de pêche, à l’utilisation de matériels de pêche adéquats. Le PSDR en tant que Projet de soutien, soutient les pêcheurs dans l’atteinte de ces objectifs. L’essentiel pour le PSDR est de faire augmenter les revenus des paysans. »

UCOM Boeny : Quels sont les autres domaines d’intervention du PSDR dans la Région Boeny ?

F. R : « J’étais particulièrement étonné de voir des maïs sur pied dans cette localité de Namakia, étendus sur plusieurs ha. Nous conseillerons aux agriculteurs d’utiliser de bonnes semences afin d’obtenir de bonne production. Le prix de ce produit ne cesse d’augmenter en ce moment d’où la nécessité d’inciter les  agriculteurs à produire en quantité, mais surtout en qualité afin de pouvoir faire face à la concurrence.La Direction exécutive du PSDR Boeny Bestiboka travaille beaucoup par ailleurs dans la plaine de Marovoay, en coordination avec d’autres projets tels que le BVPI.  Pourquoi ne pas redorer l’image de ce grenier à riz en déployant les efforts nécessaires pour ce faire ? Un fonds spécial que l’on appelle Fonds compétitif de recherche appliquée sera focalisé à Marovoay.Il ne faut pas oublier non plus que cette localité de la Région Boeny qui se situe non loin de l’embouchure de Betsiboka abrite des crevettes et de camarons de  très bonne qualité. Ainsi, tout ceci nécessite une mise à jour des plans d’aménagement. Le PSDR donne également un coup de pouce dans la gestion  des mangroves et des parcs nationaux de Baly et d’Ankarafantsika. D’autres sous-projets comme les aménagements hydro-agricoles, la construction de magasin de stockage, les infrastructures rurales sont également en cours ».

UCOM Boeny : Plus pratiquement, comment se déroulent les activités du PSDR vu la crise politique que traverse le pays ?

F.R : « Le financement du PSDR a été suspendu par la Banque Mondiale en 2008 en raison de la crise politique. Mais il a repris en Juin 2010 avec un financement additionnel d’USD 30 Millions.  La Banque Mondiale a décidé d’octroyer ce fonds suite à la performance du projet. Cette nouvelle phase étalée sur 2 ans et demi appuiera notamment les activités associatives qui pérenniseront les activités individuelles. Le PSDR entend collaborer étroitement avec les CSA ou Centres de Service Agricole qui servent d’intermédiaire entre les paysans et les bailleurs .Nous continuerons à travailler avec les autres projets de développement. Nous intensifierons les encadrements techniques. De plus, de nouvelles approches ont été réalisées depuis l’obtention de ce fonds additionnel. Les poules techniques composées de spécialistes en agriculture, élevage, artisanat, aménagement agricole, infrastructures rurales ont amélioré la qualité de leur travail afin d’être toujours plus proches des paysans. Les apports en numéraires sont désormais obligatoires pour l’obtention d’un quelconque projet financé par le PSDR. Nous nous devons toujours  d’honorer notre devoir qui est celui d’appuyer les démarches des paysans pour améliorer leur niveau de vie. La Direction Exécutive du PSDR Boeny Betsiboka est entrain de finaliser le PTA pour la deuxième année d’exercice sous fonds additionnels.»

UCOM Boeny : Ancien consultant de la FAO, vous êtes nommé depuis peu à ce poste de Directeur Exécutif du PSDR pour les Régions de Boeny et de Betsiboka, quel plus pourriez-vous apporter pour soutenir le développement rural ?

F.R : « Effectivement, les deux entités opèrent différemment mais je peux dire qu’elles se complètent. Le système des Nations Unies a ses objectifs et ses manières de les atteindre. De même qu’un projet comme le PSDR qui est financé par la Banque Mondiale. Mes expériences et mes convictions personnelles reposent sur le fait que le développement de l’économie et de la vie sociale d’un pays dépend de deux choses. D’abord, de la mentalité à adopter pour le changement pour une vie meilleure et deuxièmement, de  la manière de produire aussi bien en qualité qu’en quantité. Avant de persuader les gens à adopter les bonnes semences, à des aménagements agricoles ou à l’amélioration des pêches, il faut avant tout que les gens soient rassasiés.  Sans une sécurité alimentaire c'est-à-dire une nourriture satisfaisante, on ne peut produire convenablement. La terre malgache est fertile, les produits sont abondants, mais parfois ce sont les bonnes approches qui font défaut.  J’entends inculquer aux paysans une vision de loin, une attitude à toujours penser à l’avenir des générations futures. Aussi, il m’est primordial d’inciter les gens à préserver les ressources. Le PTA prévoit par ailleurs le développement de nouvelles filières telles que le miel de jujubier, qui reste sous-exploitée dans le District de Mitsinjo. Bref, j’aime tout ce qui touche le développement rural et je l’ai même dans le sang et je peux vous dire que moi-même je suis un paysan car je suis un producteur d’alevins. Je suis alors des deux côtés, celui de paysan et celui de responsable d’appui aux projets. Je lance alors le défi de démarquer les Régions de Boeny et Betsiboka en matière de développement rural. »

Propos recueillis le 11 août 2011

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