Didier Betsiaroana

La volonté politique rend l’eau pour tous possible 

Didier Betsiaroana, président du groupement Reva, révèle les enjeux socioéconomiques de l’eau et déclare que cet élément sera une ressource à négocier au même titre que le pétrole d’ici une dizaine d’années.

. Vous êtes à la tête d’un groupement, quelles sont vos prestations en matière d’approvisionnement en eau ?

Nous disposons d’un laboratoire d’analyse qui s’occupe des études au préalable, soit la détection des ressources souterraines qui exploite un logiciel dernier cri. Nous avons également une société qui traite les eaux souterraines et se voue à l’embouteillage en produisant de l’eau biologique et saine. Une autre s’occupe d’un comptoir qui vend du matériel de forage et la quatrième touche à tout ce qui intéresse les travaux de forage.

. Quand on parle de forage, la population pense au coût exorbitant de l’exploration. Pouvez-vous nous donner une fourchette de prix et comment peut-on l’exploiter pour avoir de l’eau potable ?

En moyenne, un forage à 40 mètres s’estime à Ar 25 millions, mais il faut choisir entre le système solaire ou électrique pour pomper l’eau jusqu’au château d’eau, ce qui engage un coût supplémentaire. Ce procédé gravitaire distribue l’eau vers les bornes fontaines ou vers le branchement privé. A Madagascar, les sources en eau existent, mais elles ne sont pas disponibles. La volonté politique rend l’eau pour tous possible car si l’Etat accepte de collaborer avec le secteur privé, il pourra faciliter l’accès à l’eau potable et sa disponibilité.

. Pouvez-vous nous citer un exemple concret d’un forage ?

Il y a deux ans, nous avons foré jusqu’à 149 mètres de profondeur dans la cour d’un grand hôtel de la capitale. En ce moment, l’établissement n’utilise plus l’eau de la Jirama. Nous avons également un forage en plein mer, dans la région Sava, et la population qui profite de ce forage boit de l’eau douce. Dans cette région, l’eau abonde, mais la population locale boit de l’eau insalubre. Un autre forage à Antsiranana a un débit de 25m3 par heure. Nous aimerions préciser que l’eau souterraine limpide et biologique s’avère plus saine et inépuisable que l’eau de surface.

 . Comment peut-on mesurer la rentabilité d’un forage ?

Le creusage en profondeur jusqu’à la sortie en surface pourrait coûter cher, selon la prévision du grand public. Des particuliers composent 70% de notre clientèle et nous intervenons actuellement en Afrique du Sud et en Côte d’Ivoire pour aider le secteur minier.

. Comment les communautés doivent-elles gérer l’eau ?

L’eau sera d’ici 2025 négociable comme le pétrole. Elle joue un rôle important dans tous les secteurs. Déjà, il faut apprendre aux communautés la gestion de l’eau dont une majeure partie se déverse dans l’océan. Bref, la population doit boire de l’eau propre et potable et utiliser l’eau insalubre pour l’agriculture.

Propos recueillis par Farah Randrianasolo

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×