Brian Jones

"Population-Santé-Environnement contribue au développement durable"

Deux jours d'ateliers se sont déroulés les 30 et 31 juillet au Carlon Anosy pour regrouper les différents intervenants qui vont promouvoir l'approche "Population-Santé-Environnement" (PSE) dans leurs programmes respectifs. Brian Jones, coordonnateur de programme de conservation au sein de l'ONG Bleu Ventures partage son avis sur l'efficacité de cette approche dans la région Atsimo Andrefana.

Pouvez-vous nous présenter Bleu Ventures?

Blue Ventures est un organisme non gouvenemental britannique créé en 2003. Il travaille dans la conservation marine et a commencé ses interventions à Andavadoaka tout en intégrant l'approche communautaire.

Quelles sont les premières activités que vous avez développées auprès des communautés de base? Et quels en sont les résultats?

Les commanautés de base ont remarqué que la capture de poulpes a beaucoup diminué et elles ont pris la décision de pendre en main la gestion de la peĉhe. Elles ont créé une réserve temporaire qu'elles ont fermées pendant six mois et au bout de cette période, elles se sont rendu compte de l'accroissement des individus, ce qui a amélioré la capture.

Avec quels partenaires avez-vous collaboré pour y parvenir?

Wildlife Conservation Society (WCS), l'Institut halieutique et des sciences marines (IHSM) de l'Université de Toliara et le ministère de l'Environnement à travers son Projet d'appui aux communautés des pêcheurs (PACP) se sont donné la main pour appuyer les communautés de base. Puis les activités se sont étendues de Morombe jusqu'à Soalara Atsimo. Lorsque les pêcheurs ont perçu les bons résultats de la gestion, ils ont créé en 2008 des réserves permanentes dans le village de Velondriake à Andavadoaka près des sites coraliens, ce qui a a valu la constitution de l'association Velondriake regroupant vingt-cinq villages.

Qui sont les réserves permanentes?

Elles se situent dans les zones de pêche d'Amorondriake, d'Ankafotiambe, d'Ambatohalaomby de Baie-la-mer et de leurs environs. Les pêcheurs ont aussi établi le "dina" qui sanctionne les pêcheurs utilisant les filets à petites mailles et le "laro", un poison extrait d'un arbre. Tous ces outils nuisent à l'environnement marin.

 Il a a réunion qui regroupe les décideurs, les bailleurs de fonds, la société civile et les ONG, et qui se portera sur la collaboration dans la promotion de l'approche intégrée « Santé - Population-Environnement » à Madagascar. Quelles bonnes pratiques avez-vous partagées au cours des sessions?

Nous avons cité l'exemple concret des activités alternatives concernant l'aquaculture à base communautaire. Les personnes concernées par le projet s'inquiètent sur la pression de pêche à savoir le nombre accru d'hommes et femmes qui fréquentent les sites pour récupérer les poulpes. Il fallait alors développer d'autres activités alternatives avec la culture d'algues et l'élevage de concombres de mer permettant aux femmes de se consacrer à d'autre travail lors de la fermeture de la pêche aux poulpes.

Quel est le lien entre l'approche PSE et la gestion des pêches dans vos sites d'intervention?

Plusieurs associations et organismes ont déjà intégré cette approche et nous ne pouvons pas nous vanter d'être les pionniers. En 2007, nous avons introduit la Planification familiale (PF) en partant des besoins formulés par la population de Velondriake. Trop de femmes partent en mer pour pêcher et cette affluence a eu un impact négatif sur la santé des aires protégées marines. Nous avons fait un premier test avec des produits contraceptifs tels que le Pilplan. L'idée n'était pas de limiter les naissances mais de les planifier. Les bénéficiaires étaient convaincus des résultats et le modèle a été dupliqué dans quarante autres villages. Dix mille hommes et femmes se sont fiés à la PF. Marie Stopes International et Population Services International (PSI) nous aident dans les détails techniques de tout ce qui touche la santé. en d'autres termes, PSE réunit les services sociaux tels que l'éducation et la santé qui contribuent à la gestion des ressources naturelles de manière volontaire. L'approche PSE contribue au développement durable.

À part Andavadoaka, dans quelles localités de la Grande Ile Bleu Ventures expérimente-t-il cette approche PSE?

Après Andavadoaka, nous avons soumis le programme "Safidy" à Belo-sur-mer en 2012. Nous avons aussi des programmes de conservation de mangroves à Ambanja et d'aire protégée marine dans les Nosy Barren Maintirano. L'approche PSE n'est pas encore effective à 100% parce que dans les deux derniers sites, nous devons encore mener des études préliminaires sur la faisabilité. Nous espérons plus tard associer à la dimension santé le secteur eau, hygiène et assainissement.

 Profil. Zanatany

De nationalité américaine, Brian Jones parle le malgache comme s'il est un natif de la région Atsimo Andrefana. Il a voulu devenir médecin mais il s'est résigné et a choisi de poursuivre des études en biologie parce qu'il veut s'engager dans la protection de l'environnement. Volontaire du corps de la paix entre 2006 et 2008, il a vécu à Ambatofinandrahana en se baignant dans l'agriculture et la production de pépinières. Il est retournée aux États-Unis et y est resté quatre mois mais une offre à Toliara a retenu son attention et il est revenu à Madagascar pour travailler au sein de l'ONG Reef Doctor. En 2009, il est entré chez Bleu Ventures et assure la fonction de coordonnateur de programme de conservation.

Propos recueillis par Farah Randrianasolo

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